Remplacement de Sven Gatz : le passage en force de l'Open VLD s'explique par une volonté d'"éviter tout marchandage politique avec le PS"
L'Open VLD a proposé, pour remplacer Sven Gatz, un mécanisme inédit et décrié : la motion de méfiance constructive.

- Publié le 17-10-2025 à 06h26
- Mis à jour le 17-10-2025 à 09h10

Ce mercredi, l'Open VLD a mis le feu aux négociations bruxelloises pour confectionner un budget régional. En mauvaise santé, Sven Gatz (Open VLD), ministre bruxellois du Budget, a annoncé sa démission à ses collègues ministres… avant de la retirer. Et pour cause : son parti, l'Open VLD, souhaite passer par un mécanisme inédit pour désigner son successeur, la motion de méfiance constructive (article 36 de la loi spéciale) qui nécessitait que le ministre demeure en place.
Cette méthode a l'avantage de permettre de désigner Dirk De Smedt, le candidat des libéraux flamands, en ne devant compter que sur le vote de 9 députés néerlandophones sur 17, au lieu d'avoir à obtenir une triple majorité (majorité absolue, côté francophone et néerlandophone).
La proposition a toutefois braqué presque tout le monde, dont le PS et les Engagés côté francophone, mais aussi plusieurs partenaires flamands. Vooruit refuse de signer le texte en l'état, tandis que Groen se tâte. Du côté du CD & V, Benjamin Dalle a proposé une désignation via un arrêté du gouvernement bruxellois (Rudi Vervoort a répondu que le gouvernement ne pouvait pas prendre cette initiative).
En résumé, presque personne ne soutient ouvertement la proposition poussée par Frédéric De Gucht, président de l'Open VLD à Bruxelles (et très bientôt du parti). Elle ne sera pas débattue ni votée au Parlement bruxellois avant la semaine prochaine, pour peu qu'elle soit jugée juridiquement recevable. La question sera probablement tranchée par le bureau du Parlement bruxellois, in fine sur base des analyses juridiques.
Mais pourquoi, au vu des tensions qu'elle occasionne, avoir choisi la voie de l'article 36 ?
"Une guerre d'ego"
"Ce à quoi nous assistons, ce n'est qu'une guerre d'ego", glisse une source néerlandophone. "Frédéric De Gucht et l'Open VLD ont simplement préféré passer en force que d'appeler le socialiste Ahmed Laaouej pour lui demander quelque chose."
L'article 36, aux yeux des libéraux flamands, dispose en effet d'un avantage comparatif imbattable : il peut se discuter entre néerlandophones et – surtout – sans l'aval du PS.
"L'article 35 n'est pas applicable en l'état, car le gouvernement sortant ne dispose plus de la majorité, dans aucun des deux groupes linguistiques. Sinon, nous aurions déjà un gouvernement… L'article 36 peut quant à lui être activé à tout moment, quelle que soit la situation dans laquelle se trouve le gouvernement. Il ne nécessite que la bonne volonté de 9 membres du groupe linguistique néerlandophone", glisse une personnalité influente au sein du parti. "Nous voulions éviter que le remplacement de Sven Gatz fasse l'objet d'un marchandage politique avec le PS. Nous avons anticipé qu'ils le feraient, si nous leur demandions de valider le remplacement de Sven. La séquence à laquelle nous assistons ces dernières heures, à l'instigation du PS, montre que nous avions raison de penser cela."
"Pour qu'il y ait rupture de confiance avec le PS, il faudrait qu'il y ait confiance…"
Du côté du PS, on dénonce ces arguments. "Cela fait des années que nous travaillons avec Dirk De Smedt quand nous formions un axe bruxellois avec l'Open VLD. Nous n'avions franchement pas de raison de nous opposer à sa désignation. Mais personne ne nous a demandé notre avis…", pointe une source socialiste. Pour le PS, la manœuvre de l'Open VLD entame la confiance entre deux partis engagés dans des négociations budgétaires.
"Pour qu'il y ait rupture de confiance, il faudrait qu'il y ait confiance…", rétorque notre source Open VLD.