Pourquoi la Belgique effectue des contrôles ciblés sur les vols en provenance de Grèce
L'objectif est d'éviter que des personnes qui ont obtenu le statut de réfugié en Grèce déposent une nouvelle demande d'asile en Belgique.

- Publié le 29-01-2025 à 06h36
La Police fédérale aéronautique et l'Office des étrangers (OE) effectuent depuis fin novembre des contrôles ciblés sur les vols en provenance de Grèce, ont annoncé ce mardi la secrétaire d'État à l'Asile et la migration Nicole de Moor (CD&V), et la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden (CD&V).
L'objectif, assurent-elles, est d'intercepter les personnes qui ont déjà obtenu le statut de réfugié en Grèce et qui, pour une raison ou une autre, souhaiteraient déposer une nouvelle demande d'asile dans notre pays. "Il n'est ni acceptable ni juste que les personnes qui séjournent légalement en Grèce et qui sont en mesure d'y travailler et d'y construire leur vie demandent à nouveau une protection dans notre pays, s'est justifié Nicole de Moor. Je veux faire preuve de solidarité avec les réfugiés de guerre, mais le système tourne carré si nous devons également traiter ces demandes. C'est pourquoi nous nous y opposons."
À cet égard, "les vols en provenance de Grèce sont considérés comme des vols à haut risque dans notre pays, a poursuivi Annelies Verlinden. La Police fédérale aéronautique surveillera ces vols et effectuera des contrôles ciblés aussi longtemps que nécessaire. J'aborderai bien entendu cette question avec mon homologue, le ministre grec de l'Intérieur."
Centres fermés
Le 16 janvier, lorsqu'elle a fait le point sur les demandes d'asile en Belgique en 2024, la secrétaire d'État soulignait que notre pays a enregistré un quasi-doublement des demandes d'asile de Palestiniens et de Syriens bénéficiant déjà d'une protection dans un autre pays européen, principalement en Grèce. L'année dernière, il s'agissait de pas moins de 4 825 demandeurs d'asile.
La législation actuelle permet normalement de déclarer irrecevables ces demandes d'asile de réfugiés reconnus (et donc de ne pas les traiter). Dans la pratique, cependant, la jurisprudence du Conseil du contentieux des étrangers garantit que deux tiers des demandes sont traitées et que près de la moitié des demandes sont reconnues, parce que les prestations sociales en Grèce sont considérées comme insuffisantes et inaccessibles par cette juridiction indépendante. Ce qui ne contente pas Nicole de Moor. "Je m'oppose depuis longtemps à cette pratique car le système tourne fou. Nous devons faire comprendre très clairement aux gens qu'après une décision dans un pays, il ne sert à rien d'essayer à nouveau en Belgique."
La surveillance des avions venus de Grèce participe de cette politique de dissuasion. Plusieurs contrôles effectués depuis fin novembre ont d'ailleurs permis de découvrir sept personnes possédant des documents de voyage non valables et 83 personnes ayant le statut de réfugié en Grèce. Lorsque des personnes munies de documents de voyage non valides sont découvertes, elles sont placées dans un centre fermé et renvoyées en Grèce, indiquent Mmes de Moor et Verlinden.