Souriant mais le ton grave, le Pape est arrivé en Belgique
À Luxembourg, il s'est inquiété de la réapparition en Europe des "fractures d'inimitiés".

- Publié le 26-09-2024 à 21h04
- Mis à jour le 26-09-2024 à 21h45
Cela aura donc été sous des bourrasques bien belges que le Pape mit pied à terre en Belgique. Fatigué mais visiblement heureux de sa première journée de voyage, il fut accueilli à Melsbroek par le Roi, la Reine, les évêques, le protocole et deux chorales, Equinox et Singing Molenbeek. Les Belges présents sur place, représentants de l'Eglise pour la plupart, étaient fiers et émus.
L'essentiel de sa journée, commencée tôt à Rome se sera cependant passée à Luxembourg.
Là, François a rencontré la famille grand-ducale et livré deux discours : le premier devant les autorités politiques, le second devant les catholiques du pays. Encourageant ces derniers à évoquer l'Évangile dans une société plurielle. C'est cependant le premier discours (aux autorités) qui aura marqué la journée.
Qu'est-ce qui fait un grand pays ? Ni sa richesse financière, ni sa taille, ni le nombre de ses habitants, a laissé entendre le pape François.
Le Luxembourg est un de ces petits pays du monde, niché aux frontières, a-t-il poursuivi en substance. Quand y règne le calme, de tels pays sont "les plus aptes à indiquer les exigences d'une nouvelle ère de paix et les chemins à suivre". Lorsque la guerre frappe aux portes cependant, ces pays connaissent des temps particulièrement chahutés. C'est ce que le Pape a tenu à rappeler aux autorités luxembourgeoises, soulignant les vertus des "solides" institutions démocratiques "patiemment construites" dans le pays ces dernières décennies.
Les chemins tragiques de la guerre
Malheureusement, s'est inquiété François, "force est de constater la réapparition, même sur le continent européen, de fractures d'inimitiés […] qui débouchent sur des hostilités ouvertes, avec leur cortège de destruction et de mort. Il semble que le cœur humain ne sache pas toujours garder la mémoire et qu'il s'égare périodiquement pour retourner sur les chemins tragiques de la guerre."
Pour échapper à cette logique, a a-t-il souligné, offrant un chemin qui lui est propre, "il faut regarder vers le haut, il faut que la vie quotidienne des peuples et de leurs gouvernants soit animée par des valeurs spirituelles hautes et profondes, qui empêchent la folie de la raison et le retour irresponsable aux mêmes erreurs du passé, aggravées de surcroît par la plus grande puissance technique dont dispose aujourd'hui l'être humain." Face à ces risques, le Pape a souligné les vertus de l'Évangile, le compromis et l'esprit de service qui pour lui le "titre de noblesse le plus élevé".
La 3e guerre mondiale par morceaux
La guerre, et même "la troisième guerre mondiale par morceaux" que nous vivrions, est un thème récurrent chez le pape François. Le fait qu'il l'évoque lors de son premier discours dans la "vieille Europe" qu'il visite, n'est cependant pas anodin et offre à son voyage une première tonalité, plutôt grave.
Dès ce vendredi matin, les Belges le retrouveront au château de Laeken. Le Pape s'y adressera au Roi, aux autorités, à différents membres de la société civile invités pour l'occasion. Il se rendra ensuite à la KULeuven puis rencontrera en privé des victimes d'abus sexuels, en soirée.