La nouvelle bombe nucléaire B61-12 utilisable en version guidée par les avions F-35

La nouvelle bombe nucléaire américaine B61-12, appelée notamment à remplacer les engins actuellement déployés en Europe, n'est pas conçue pour être utilisée avec le mode de guidage de précision par les actuels chasseurs-bombardiers de type F-16 et Tornado, a révélé un site spécialisé sur la base d'informations fournies par le Pentagone.

La nouvelle bombe nucléaire B61-12 utilisable en version guidée par les avions F-35
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La capacité de guidage, au moyen d'un kit de queue monté à l'arrière de la bombe, devrait toutefois être disponible pour les F-35, des avions de combat de cinquième génération acquis par plusieurs pays européens - dont la Belgique -, selon ce site, The War Zone.

Il explique, sur la base d'informations obtenues dans le cadre de la loi américaine sur la transparence dans les administrations (FOIA) auprès de l'inspectorat général du département de la Défense, que l'US Air Force ne projette pas l'emport de la B61-12 sans kit de guidage par les F-16 - qu'ils soient américains ou en service dans des forces aériennes européennes - et par les Tornado de la Lutfwaffe allemande.

"Lorsqu'elle sera couplée au F-16, la B61-12 fonctionnera en mode non guidé", a confirmé un porte-parole de l'Air Force Nuclear Weapons Center (AFNWC) interrogé par The War Zone.

L'US Air Force ne prévoit dans l'état actuel des choses que d'embarquer cette bombe dans sa version guidée sur ses actuels chasseurs-bombardiers F-15E Strike Eagle et bombardiers B-2A Spirit ainsi que sur les futurs bombardiers furtifs B-21A Raider. Et la B61-12 pourrait être couplée à terme certains F-35 Lightning II américains et de l'Otan, ajoute le site spécialisé en se fondant sur les objectifs du programme B61-12 LEP ("Life Extension Program").

Lancé en février 2012, le programme doit permettre de moderniser les composants nucléaires et non-nucléaires pour prolonger la vie de l'actuelle bombe atomique à gravité en améliorant sa "sécurité" et sa "fiabilité". D'un poids d'environ 400 kilos pour une longueur de quatre mètres, la bombe B61-12 doit remplacer les actuelles B61-3, -4, -7, et -10, dont certaines sont en service depuis la fin des années 1970. La puissance de chaque bombe peut-être réglée pour varier de 0,3 à 50 kilotonnes, soit l'équivalent de 50.000 tonnes de TNT, selon la Fédération des scientifiques américains (FAS).

Le programme pourrait coûter plus d'une dizaine de milliards de dollars. La production du premier engin a été terminée à la fin de l'an dernier, "après plus de neuf ans de conception, de développement, de qualification et de production de composants", selon le département américain de l'Énergie (DoE). La production à grande échelle doit se terminer au cours de l'année fiscale 2026 - qui débutera le 1er octobre 2025.

Les experts estiment que les Etats-Unis stationnent quelque 150 à 180 bombes B-61 d'anciennes versions sur six bases aériennes de cinq pays européens: l'Allemagne, la Belgique (à Kleine-Brogel), l'Italie, les Pays-Bas et la Turquie pour un usage, selon un principe de "double clé" (américaine et nationale) par des avions "à double capacité" (conventionnelle et nucléaire) comme les F-16A et les Tornado - à l'exception de celles présentes la base turque d'Incirlik, réservées au seul usage américain.

La plupart de ces avions seront remplacés dans les prochaines années par des F-35.

La base aérienne de Kleine-Brogel (Limbourg) est présumée accueillir entre une dizaine et une vingtaine de ces bombes à gravité pouvant être mises en oeuvre par les F-16 du 10e wing tactique et un détachement américain, le 701st Munitions Support Squadron (701 MUNSS).

Un contrat de 124 millions d'euros en vue pour maintenir les F-16 belges opérationnels

Le département d'Etat américain a approuvé la possible - et très probable - vente à la Belgique de matériel, dont des radios de haute technologie, de logiciels et de services logistiques pour maintenir opérationnelle la flotte d'avions de combat F-16 belges jusqu'à leur fin de vie, a annoncé l'Agence de coopération de sécurité et de défense (DSCA). Le montant de ce contrat, passé dans le cadre de la procédure FMS ("Foreign Military Sales", couramment pratiqué par Washington pour ses ventes d'armes), est estimé à 127 millions de dollars (environ 124,26 millions d'euros au cours de ce lundi), a précisé la DCSA, dépendant du Pentagone et chargée des exportations de matériel militaire américain.

L'agence a prévenu mardi dernier le Congrès de cette possible vente, à la demande du gouvernement belge. Le Congrès dispose de trente jours pour éventuellement s'y opposer, selon la législation américaine.

La requête belge portait notamment sur des radios de type AN/ARC-210 - capables de transmettre des communications vocales et des données de manière cryptée -, des logiciels, des éléments d'une base de données destinée à la guerre électronique (EW), des équipements de test pour avions et munitions, pour les simulateurs de vol et les systèmes de planification de mission, de la documentation technique, etc...

"Cette vente proposée soutiendra la politique étrangère et les objectifs de sécurité nationale des États-Unis en améliorant la sécurité d'un allié de l'Otan qui est une force importante pour la stabilité politique et le progrès économique en Europe", souligne le communiqué.

Selon la DSCA, cette vente proposée améliorera la capacité de la Belgique à faire face aux menaces actuelles et futures en maintenant sa flotte de F-16 dans un état de préparation au combat, tout en permettant à la Force aérienne belge de fournir des forces capables de se déployer par rotation pour renforcer le flanc oriental de l'Alliance atlantique.

"La Belgique n'aura aucune difficulté à absorber ces équipements et services dans ses forces armées", assure le Pentagone.

Le principal industriel américain concerné sera le groupe Lockheed Martin, dont le siège est installé à Bethesda, dans l'Etat américain du Maryland (est). Aucun accord de compensation (économique) connu n'est proposé dans le cadre de cette vente potentielle.

De source belge, on explique que cet achat doit permettre de conserver la flotte de F-16 - 53 appareils - opérationnelle jusqu'à la fin du retrait de ces avions prévue vers 2029 et leur remplacement par 34 chasseurs furtifs F-35A, également produits par Lockheed Martin.

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