Une grève étudiante prévue le 8 mars pour dire stop aux violences sexuelles et sexistes
Des actions étudiantes sont prévues
- Publié le 04-03-2022 à 11h17
- Mis à jour le 04-03-2022 à 13h12

Dans le cadre de la journée de lutte pour les droits des femmes, diverses actions seront menées dans toute la Belgique. Et les étudiantes et étudiants ne sont pas en reste. Le 8 mars, les jeunes sont invités à faire grève pour manifester contre les faits de violence et de harcèlement "qui se multiplient sur les campus et dans la société en général".
Dernièrement, les mouvements #BalanceTonFolklore, #BalanceTonBar ou #BalanceTonProf ont connu un fort retentissement dans la population. Plusieurs témoignages ont particulièrement fait réagir. Dont celui de Jean-Pascal van Ypersele, professeur à l'UCLouvain, qui disait "ne plus pouvoir rester silencieux" face à des cas d'agressions sexuelles dans l'université. Actuellement, aucun établissement n'échappe aux comportements inappropriés ou aux faits de harcèlement, qui peuvent aller jusqu'aux agressions. Même si les universités belges ont mis en place des dispositifs d'accompagnement, les violences sexistes y existent toujours, comme dans l'ensemble de la société. "Le harcèlement est structurel, et n'est pas l'affaire d'un établissement de manière ponctuelle", écrit la Fédération des Etudiants francophones sur Facebook.
Ils déplorent que "trop souvent, les étudiant.e.s ne sont pas protégés au sein de leur établissement en cas de harcèlement moral ou sexuel". Si elle se réjouit de l'adoption par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles d'une résolution invitant le gouvernement à mieux lutter contre le harcèlement, la FEF regrette que le gouvernement "n'a toujours pas débloqué de budget pour donner vie à cette résolution".
En encourageant les jeunes à faire grève le 8 mars prochain, la FEF souhaite que la Fédération Wallonie-Bruxelles débloque un budget pour lutter contre le harcèlement et les violences sexistes. "Nous voulons un vrai cadre permettant aux victimes de pouvoir dénoncer ces faits sans se sentir jugées ou dévalorisées, des protocoles externes indépendants et une meilleure information et prévention sur les violences sexistes".
Concrètement, comment va se passer la grève étudiante?
Les jeunes sont invités soit à participer aux activités organisées par leur conseil étudiant, soit à participer à celles d'associations, comme le Collecti.e.f 8 maars. Pour justifier les absences auprès des professeurs qui donnent cours ce jour-là, des mails tout faits circulent sur les groupes des événements Facebook.
Citons deux initiatives émanant d'étudiantes et étudiants.
D'abord, l'Assemblée générale des étudiants de Louvain (AGL) invite tous les jeunes du campus de Louvain-la-Neuve à se réunir sur la Grand-Place et sur la Place Agora dès 10h "pour participer à une journée de grève festive". Au programme : des stands de sensibilisations, des ateliers pancartes et maquillages, une chorale. Vers 15h, tout ce petit monde sera encouragé à se déplacer à Bruxelles pour participer à la Marche Mondiale des Femmes dont le départ est prévu à 17h30depuis la gare de Bruxelles-Central.
Ensuite,sur le campus Solbosch de l'ULB, les jeunes sont également appelés à faire grève. Au programme, un piquet de 8h à 12h. Là aussi des activités seront organisées. Suivra une prise de parole devant le bâtiment F, avant un départ groupé vers la même marche qui n'accueillera d'ailleurs pas que des jeunes mais tous les Belges désireux de manifester.
Notons que toute la semaine, les établissements du supérieur ont aussi prévu des événements sous forme de conférences ou d'ateliers.
