Violence, insultes, menaces: les agressions contre les arbitres se multiplient sur nos terrains
Les agresseurs de l'arbitre de 17 ans qui s'est fait rouer de coups à l'issue d'un match entre U12 ont été entendus ce jeudi. Ils risquent très gros.

- Publié le 03-12-2021 à 11h33
- Mis à jour le 03-12-2021 à 11h35

Les trois personnes qui ont agressé le jeune arbitre de 17 ans le week-end dernier lors d'un match entre U12 ont été entendues par le comité provincial ce jeudi. Une sanction exemplaire pourrait être prise à leur encontre, allant jusqu'à une interdiction de stade.
Retour sur les faits. Samedi dernier, une rencontre opposant des moins de 12 ans était organisée entre deux clubs bruxellois. Le score s'est soldé sur 14-1. À l'issue du match, alors que tout le monde avait quitté le complexe, l'accompagnant de l'équipe qui a perdu le match, qui remplaçait exceptionnellement l'entraîneur principal, a demandé à avoir des explications de la part de l'arbitre suite à une phase de jeu. Explications qu'il n'a pas reçues. L'arbitre s'apprêtait à prendre son tram lorsque l'entraîneur intérimaire accompagné de deux parents ont déboulé sur lui et l'ont roué de coups, dont un à l'oreille à la suite duquel il s'est effondré. Le jeune a été emmené aux urgences mais son état est stable.
Du côté de l'Union belge, on tient à condamner fermement ces agissements qui risquent, à terme, de décourager de jeunes joueurs à devenir arbitre. "C'est scandaleux et inacceptable d'en arriver là. Les violences physiques et verbales n'ont pas leur place sur et en dehors du terrain de football", explique Pierre Cornez, porte-parole de l'Union belge.
Les statistiques relatives aux agressions contre des arbitres sont assez floues, étant donné que certaines petites agressions ne sont pas enregistrées. Mais un constat est limpide : les comportements agressifs se multiplient et ce dans toutes les catégories d'âge. "D'après ce qui nous est rapporté, les comportements agressifs sont en hausse. On l'a vu avec le supporter flamand de Manchester City qui a été tabassé sur une aire d'autoroute par des supporters du Club de Bruges", précise Pierre Cornez. "Plusieurs raisons peuvent expliquer pareil comportement, à commencer par la crise sanitaire qui peut engendrer des frustrations, ainsi que le contexte dans lequel se retrouve une équipe au niveau sportif qui peut exacerber les tensions."
Un important travail de prévention est déjà réalisé pour sensibiliser les parents, joueurs et entraîneurs. Mais il reste du travail pour éradiquer la violence sur et autour des terrains de football.
Depuis 2016, le projet Parents Fair-Play a vu le jour à l'initiative de l'association des clubs francophones de football (ACFF).
L'objectif est de lutter contre les comportements agressifs au bord des terrains grâce à la mise en place au sein des clubs d'un climat de respect mutuel. Le but vise également à responsabiliser tous les acteurs d'un club avec un focus particulier sur les parents.
Le parent fair-play, c'est donc un parent présent régulièrement aux matchs de son enfant. Il a un rôle de modérateur, de conciliateur au bord du terrain et il n'a pas de pouvoir de sanction ni de responsabilité juridique spécifique. Son rôle vise notamment à déminer les embryons de conflit grâce à sa proximité avec les autres parents de l'équipe, et soulager en partie l'arbitre de ce qui se passe au bord du terrain.
Un manque criant de candidats au poste d'arbitre
La fédération belge de football a lancé une campagne de recrutement afin d'engager environ 700 arbitres.
Les personnes qui assistent aux matchs de football le confirmeront : la violence à l'égard des arbitres s'est banalisée ces dernières années. Il est devenu fréquent qu'un arbitre soit victime de violences verbales ou physiques, comme si l'agressivité faisait partie intégrante de la fonction d'arbitre.
Que ce soit au niveau amateur ou professionnel, il ne se passe pas une semaine sans que des arbitres se fassent houspiller voire agresser. En septembre 2019, lors du premier match de la saison, un jeune arbitre de 19 ans a été victime d'une violente agression lors d'un match entre U 14. Un supporter lui a asséné un violent coup de poing au visage après qu'il a sifflé un penalty. Le jeune arbitre a souffert d'une double fracture de la mâchoire et a été en incapacité de travail durant trois semaines.
Mais la violence s'exprime également ailleurs que sur des terrains de football. À la fin du mois d'octobre, l'arbitre d'un match de basket en U18 à La Louvière a été agressé à coups de bouteille de bière par le parent d'un joueur adverse. L'arbitre s'est fait frapper à coups de tesson de bouteille de bière alors qu'il était dans son vestiaire, à l'issue du match. Son fils a assisté à la scène.
De leur côté, les clubs sportifs demandent des sanctions plus sévères à l'égard des agresseurs afin de lancer un signal fort, et de permettre d'enrayer la pénurie croissante d'arbitres. Il manque en effet environ 700 arbitres du côté de la fédération belge de football (URBSFA), qui a lancé une vaste campagne de recrutement en partenariat avec ses ailes linguistiques (l'ACFF et Voetbal Vlaanderen). L'objectif est d'atteindre le chiffre de 5 000 arbitres officiels.