Les experts du Gems ont signé un accord de confidentialité et contre les conflits d'intérêts: "Certains experts prenaient beaucoup de place dans les médias"
" Travailler à 25 quand il y a des fuites, c'est impossible", nous indique une source.

- Publié le 27-01-2021 à 10h23
- Mis à jour le 04-02-2021 à 11h25
Les tensions entre experts et politiques sont vives depuis le début de la crise. Plusieurs groupes se sont succédé pour conseiller le gouvernement. Des fuites de rapports dans la presse et des sorties médiatiques ont souvent créé des tensions. Au point que les 24 experts du Gems (Groupe d'experts de stratégie de crise pour le Covid-19), présidé par Erika Vlieghe, ont été tenus de signer un accord de confidentialité et contre les conflits d'intérêts. Il ne s'agit pas d'une interdiction de parole publique mais d'un engagement à ne pas s'exprimer quant au contenu des rapports et discussions non encore communiqués aux gouvernements ou pas encore rendus publics.
Un accord tacite existait sur le sujet notamment au sein du GEES (groupe d'experts en charge de l'exit strategy), nous dit-on, mais rien d'écrit. En pratique, elle a trop peu été suivie. "On a tous été frappés par le fait que certains experts prenaient beaucoup de place dans les médias ", pointe Yves Van Laethem membre du Gems. "Le but de cet accord est de fixer des garde-fous. Après, cela n'empêche pas que certains passent au-dessus. C'est comme une limitation de vitesse, certains la respectent, d'autres non."
"Travailler à 25 quand il y a des fuites, c'est impossible, donc la demande a été jugée légitime ", prolonge un autre membre.
L'expression publique de certains experts reste toutefois inévitable, comme celle d'Yves Van Laethem, porte-parole, mais aussi de Geert Molenberghs et Marc Van Ranst. Leur fonction implique qu'ils assurent un suivi de l'épidémie, qu'ils soient en possession de certaines informations et les partagent. "Tout dépend de ce qu'ils communiquent : ils ne peuvent pas dire : on va fermer ceci ou cela dans 24 heures, reprend notre source. Je prends l'exemple de Marc Van Ranst, qui est ingérable en interne. Il surfe sur une ligne orange en termes de communication. "
