La Flandre a-t-elle été favorisée au niveau des tests ?
Dans son rapport à la commission, Yves Coppieters pointe des différences nord-sud au début de la crise, dans la gestion des tests.

- Publié le 02-09-2020 à 21h17
- Mis à jour le 02-09-2020 à 22h22

"Il semble aussi qu'il y a eu beaucoup plus de tests en Flandre qu'en Wallonie et surtout qu'à Bruxelles. La Flandre a donc bénéficié d'un avantage lors d'une période cruciale de l'épidémie, alors que les tests étaient rares et sévèrement contrôlés. Cela est plus grave au niveau épidémiologique parce que limiter à ce point les moyens pour Bruxelles, alors que cette région était et reste la plus touchée, met l'ensemble du pays en danger." Selon M. Coppieters, la crise a montré certaines limites du découpage institutionnel des compétences Santé en Belgique. "L'insuffisance des masques et des tests a provoqué un nombre accru de décès", peut-on également lire.
Sur les maisons de repos, Yves Coppieters assure que "très tôt, les responsables ont eu connaissance du nombre de décès rapidement croissant" et que "dès le 1er avril, il apparaissait clairement qu'une épidémie violente se propageait dans ces institutions".
"La première action qu'il convenait d'entreprendre d'urgence était d'objectiver la situation par des tests afin, d'une part, de déterminer la prévalence du virus et d'organiser subséquemment l'isolement des personnes positives, résidents ou personnel", assure l'épidémiologiste.
Sur le plan d'urgence pandémie, il dresse un constat similaire à celui de Leïla Belkhir, un autre expert de la commission. Un plan d'urgence (plan opérationnel) pandémie grippale existe depuis 2006 et a été revu en 2009 lors de l'épidémie de grippe H1N1. "Ce plan avait, entre autres, pour but de préparer les structures hospitalières à un afflux important de patients infectés afin d'éviter de dépasser la capacité hospitalière des hôpitaux. Ce plan n'a jamais été mis en application", écrit Leïla Belkhir. Une analyse que partage Yves Coppieters qui regrette que l'activation du plan urgence pandémie (H1N1) n'ait "été que très peu prise en compte en début de crise alors que son application aurait pu être efficace." Il note que l'activation du Plan d'urgence hospitalier a en revanche "plutôt bien fonctionné".