Les restaurants et bars soulagés, les règles sont moins strictes qu'ils ne le craignaient: "Il y a de nombreuses avancées"

- Publié le 03-06-2020 à 18h09
- Mis à jour le 03-06-2020 à 21h24

Dans son allocution, la Première ministre a résumé les règles à suivre par l'Horeca dont la réouverture "partielle" est autorisée à partir du lundi 8 juin. Toutefois, elle n'en a donné que les principes très généraux : une distance de 1 m 50 entre les tables ; dix personnes maximum par table ; chaque client doit s'asseoir et être servi à sa propre table ; les serveurs devront porter un masque buccal. L'heure de fermeture a été fixée à 1 heure du matin. Ceci vaut également pour les night shops.
"Nous sommes conscients que ces ajustements demandent beaucoup d'efforts", a concédé Sophie Wilmès (MR). Mais moins que ce que craignaient les restaurateurs et cafetiers qui se disent "soulagés".
Pas d'enregistrement obligatoire
"Il y a de nombreuses avancées", détaille Philippe Trine, président de la Fédération Horeca Bruxelles. Dont les plus importantes sont la non-obligation d'enregistrer le nom des clients, les tablées de dix (soit la nouvelle norme de "bulle sociale") plutôt que de quatre comme présumé initialement et l'heure de fermeture passée de minuit à 1 heure du matin. "C'était ce que les cafetiers craignaient le plus : que les clients soient obligés de s'enregistrer et de devoir fermer à minuit." Ce qui vaut aussi pour les restaurants. "Les réservations sont conseillées, ne fût-ce que pour être sûr d'avoir de la place, mais elles ne sont pas obligatoires. Quant à la fermeture, repoussée à 1 heure du matin, elle leur permet de recevoir des clients après les spectacles ou cinémas", ajoute M. Trine.
Les autorités ont donc pris la mesure de la complexité du système de tracing des clients qui avait été envisagé pour le secteur de l'Horeca, et surtout du fait qu'imposer cette démarche n'était pas conforme au RGPD (Règlement général sur la protection des données, en vigueur en Europe). "Nous souhaitons toutefois encourager les établissements et les clients à renseigner ce type d'informations sur base volontaire", a précisé la Première ministre.
Des tablées de dix plutôt que de quatre
Si les tablées jusqu'à dix sont autorisées, pour des repas familiaux ou d'affaires, les tables devront être distantes de 1,5 m ou alors séparées par du plexiglas et devront être désinfectées, tout comme les sièges, après chaque client.
Les cartes manipulables devront être remisées, même que celles qui sont plastifiées, au profit de tableaux ou de systèmes informatiques (QR Code…). "On ne peut pas non plus donner verbalement le menu", ajoute M. Trine, "ce qui n'est d'ailleurs pas facile avec un masque".
Les commandes au comptoir sont interdites, tout comme les buffets, ce qui risque de poser problème à nombre de nouveaux concepts de restauration (Sushi Shop, Makisu, Manhattan Burger, Exki…).
Le port du masque
Si les serveurs sont obligés de porter un masque, ce n'est pas le cas en cuisine, à condition que la distanciation soit respectée ; les clients doivent porter un masque pour traverser le restaurant afin de gagner leur table, aller aux toilettes ou sortir fumer. Les cafetiers ne seront pas obligés d'investir dans des systèmes permettant de nettoyer les verres à 60 degrés, comme cela avait été envisagé. "Ils pourront utiliser un produit validé par l'Afsca", précise M. Trine.
Les réceptions jusqu'à 50 personnes
Du côté des traiteurs qui attendaient aussi une décision ce mercredi, on est par contre moins ravi. Les réceptions seront en effet autorisées à partir du 1er juillet, mais devront être limitées à 50 personnes. Ceci alors que dans le même temps, les événements culturels et sportifs pourront passer à 200 spectateurs. "Nous ne comprenons pas pourquoi, indique Christine Mattheeuws, la présidente du SNI (Syndicat neutre pour indépendants). La décision n'a pas été argumentée. Il n'y a pas de logique. Pourquoi les uns et pas les autres ?" Dans les rangs du ministre de tutelle, Denis Ducarme (MR), on précise qu'il y aura une extension à partir du premier août, qui sera déterminée d'ici la fin juin, lors d'un prochain CNS, sans toutefois avancer de nombre. Pas (encore) d'annonce de mesures de soutien concrètes.
La déception du SNI va toutefois au-delà. "On apprécie la souplesse offerte au secteur de l'Horeca, mais dans la communication, il a manqué un volet économique, ajoute Mme Mattheeuws. Le CNS a évoqué des directives de santé mais n'a pas donné d'oxygène avec des mesures de soutien". Rien n'a en tout cas été dit quant à l'éventuelle prolongation du droit passerelle jusqu'à la fin de mois d'août, que l'établissement soit ouvert ou fermé.
Les casinos, luna-parks et discothèques restent fermés
Pas de réouverture en vue, en revanche, pour les casinos, luna-parks et salles d'arcade ("où des machines et jetons sont touchés par énormément de monde en très peu de temps"). Coup dur également pour les discothèques, où le feu reste au rouge : dans ces établissements, où la distanciation sociale est difficilement possible, les autorités n'envisagent pas une réouverture avant la fin août.