Négociations fédérales : Bart De Wever se donne trois jours pour arbitrer le conflit entre le MR et Vooruit
Le formateur est attendu au Palais jeudi. Il espère pouvoir annoncer au Roi le lancement de la phase finale des négociations pour la formation du gouvernement fédéral. Il devra parvenir à rapprocher les points de vue des libéraux et des socialistes en matière de fiscalité.

- Publié le 19-08-2024 à 19h54
- Mis à jour le 19-08-2024 à 20h50
"Il n'y a pas de temps à perdre. Le momentum est là pour lever les derniers obstacles et rentrer dans la dernière ligne droite de la formation du gouvernement", veut croire un observateur averti des négociations fédérales. Le président de la N-VA, Bart De Wever, a fait rapport au Roi, lundi après-midi, sur sa mission de formation. "Une nouvelle audience est prévue ce jeudi 22 août en fin de journée", a indiqué le Palais, peu après 15 heures. M. De Wever se donne donc trois jours pour rapprocher les points de vue du MR et de Vooruit et lancer le dernier grand round de négociations.
Les principaux représentants d'une future coalition Arizona (N-VA, MR, Les Engagés, CD&V, Vooruit) s'étaient retrouvés dimanche soir autour du formateur pour indiquer si la troisième version de la "supernota" qu'il leur avait soumise pouvait servir de base à la suite des négociations pour la formation du gouvernement. Cette note se concentre sur l'emploi, la fiscalité, les pensions et la trajectoire budgétaire car ce sont "le cœur des discussions" alors qu'un effort budgétaire de 27 milliards d'euros devra être consenti.
Une nuit de négociations
À l'entrée de la réunion, dimanche, seul Vooruit, unique parti de gauche de la coalition, n'était pas prêt à passer à la phase suivante des négociations. Il réclamait une plus grande contribution fiscale sur le grand patrimoine, notamment pour financer les baisses d'impôt sur le travail. Les amendements apportés durant la nuit par Bart De Wever en matière de fiscalité ont fini par convaincre les socialistes flamands. Mais ces changements ont eu pour conséquence de crisper le MR. Les négociateurs se sont finalement quittés sans accord, lundi, à 4h30 du matin.
Selon De Tijd, Bart De Wever avait proposé d'introduire un impôt de 10 % sur les plus-values sur actions, et, en compensation, de réduire le précompte mobilier de 30 à 25 %. Mais, au grand dam du MR, il serait revenu sur cette diminution pour appâter Vooruit.
L'optimisme demeure
"Il ne faut pas trop exagérer les difficultés entre Vooruit et le MR, dit-on dans un troisième parti. Il est vrai qu'il y a des discussions entre eux sur la manière d'obtenir des moyens supplémentaires sur le patrimoine financier. Le principe et le montant – en millions d'euros – sont acceptés par tous, il s'agit simplement des modalités (quel type de taxes). Des solutions peuvent être trouvées si chacun respecte les sensibilités des autres."
"La courte prolongation de la mission de Bart De Wever doit permettre d'ajuster certaines choses, dédramatise un libéral francophone. Les discussions se sont passées de manière hyperconstructive. Au MR, on a une ligne assez claire sur une série d'éléments" et on entend manifestement s'y tenir.
Un échec des négociations n'est pas exclu, mais nos interlocuteurs restent plutôt optimistes. Ils espèrent toujours aboutir pour le 20 septembre, date à laquelle la Commission européenne attend la trajectoire budgétaire de la Belgique.