Pour certains patients, "la facture a dépassé 10 000 euros": l'Agence intermutualiste réclame plus de transparence face au coût des hospitalisations
L'Agence intermutualiste réclame plus de transparence. Elle constate cependant une bonne nouvelle pour le patient : la part des suppléments d'honoraires à sa charge "a amorcé un léger recul".

- Publié le 23-07-2024 à 20h47
- Mis à jour le 23-07-2024 à 22h05

Le patient qui franchit le pas de la porte d'un hôpital peut légitimement se demander à quelle sauce il va être mangé. Il y a prioritairement la question de sa pathologie, bien sûr. Mais aussi celle de sa facture. "Le montant et la prévisibilité de la facture patient constituent un enjeu essentiel de l'accessibilité aux soins hospitaliers", écrit l'Agence intermutualiste (AIM) dans son rapport annuel sur les coûts hospitaliers ("État des lieux des coûts hospitaliers à charge patient"), publié tout récemment.
L'analyse, qui porte sur l'année 2022, fait d'abord apparaître une bonne nouvelle pour le patient : après des années de croissance, la part des suppléments d'honoraires à charge du patient "a amorcé un léger recul". Cette évolution résulte "essentiellement d'une légère baisse de la proportion de séjours [en hôpital] avec suppléments d'honoraires". Ce n'est donc pas tellement le montant des suppléments par séjour qui a diminué, mais surtout le nombre de séjours pour lesquels des suppléments sont facturés.
Différences notables entre Wallonie, Flandre et Bruxelles
À l'échelle du pays, des suppléments ont été réclamés pour 19,2 % des hospitalisations classiques en 2022 (et 7,1 % des hospitalisations de jour), contre 19,9 % en 2021, 20,8 % en 2019 et même 21 % en 2015. À noter que l'année 2020 (19,3 %) est peu représentative compte tenu de la pandémie de Covid.
L'Agence intermutualiste plaide pour "une transparence élargie" sur la manière dont les factures sont constituées.
La tendance baissière s'observe dans les trois Régions du pays, mais avec des différences notables. Des suppléments ont été facturés pour un peu plus d'une hospitalisation sur cinq en Flandre (20,4 %) et à Bruxelles (20,8 %), contre 16,1 % en Wallonie. Cela ne signifie pas nécessairement que les hôpitaux wallons sont plus généreux, mais surtout que les patients wallons ont moins de ressources financières (ils ont par exemple moins souvent une assurance hospitalisation).
Au global, les suppléments d'honoraires facturés en Belgique ont représenté en 2022 "un montant de 616 millions d'euros, soit 45 % de la facture patient pour l'ensemble des séjours hospitaliers", détaille le rapport de l'AIM.
Des factures de plus de 10 000 euros
Ces suppléments varient fortement d'un cas à l'autre. "Bien que le coût moyen par séjour en chambre commune se soit stabilisé en 2022, le montant de la facture patient a continué d'augmenter […] en chambre individuelle. […] Le montant facturé aux patients a dépassé 3 000 euros pour plus de 76 500 séjours […]. Pour plus de 4 500 séjours, la facture patient a dépassé 10 000 euros."
Dans l'immense majorité des cas, de tels montants sont atteints lorsque le patient est couvert par une assurance hospitalisation. Cela n'empêche pas les patients d'être "confrontés à l'incertitude quant aux dépenses auxquelles ils devront faire face", juge l'AIM.
"Le coût supporté par le patient varie pour une même intervention, y compris en chambre commune […] mais aussi au sein des hôpitaux. […] De plus, pour les séjours en chambre particulière, le pourcentage maximum de supplément d'honoraires facturable – qui varie entre les hôpitaux de 100 % à 300 % – ne constitue pas une information suffisamment claire sur les suppléments d'honoraires qui seront effectivement facturés au patient."
Sans surprise, l'Agence intermutualiste plaide pour "une transparence élargie" sur la manière dont les factures sont constituées, et pour "un renforcement de l'accessibilité financière et de la sécurité tarifaire".