Un élu indépendant interpelle Philippe Close sur l'insécurité à Bruxelles vêtu d'un gilet pare-balles: "Présentez d'abord vos excuses"
Au conseil communal de Bruxelles, un élu indépendant, Mourad Maimouni, a interpellé le bourgmestre de Bruxelles sur l'insécurité qui sévit dans la capitale.
- Publié le 28-05-2024 à 14h44
- Mis à jour le 28-05-2024 à 15h38
Lors d'une séance du conseil communal de la ville de Bruxelles, l'élu indépendant, Mourad Maimouni, a posé plusieurs questions à Philippe Close. En s'installant au micro, M. Maimouni enlève sa veste et laisse apparaître ce qui ressemble à un gilet pare-balles. À peine l'élu commence son intervention que le bourgmestre bruxellois l'interrompt. "Ce n'est pas très comique ce que vous faites", lance Philippe Close.
Demandant au bourgmestre de le laisser finir, Mourad Maimouni poursuit son propos. "En 2020, pour se balader à Bruxelles, il fallait ça", débute-t-il en montrant un masque buccal. "En 2024, il faut ça", dit-il en désignant son gilet pare-balles. "Il y a eu une trentaine de fusillades depuis le mois de janvier. Ce qui s''est passé au café Al Massera m'a répugné, m'a dégoûté. J'ai grandi à 50 mètres de là. Les membres de la famille propriétaire du café sont des amis d'enfance. En 49 ans, ils n'ont jamais eu une seule histoire. Aujourd'hui, ils me disent qu'ils veulent partir", poursuit l'élu.
"Hassan El Bachiri, 28 ans, une balle dans la tête. On n'est pas à Gaza, on n'est pas au Darfour, on n'est pas en Ukraine, on est à Bruxelles", déclare Mourad Maimouni, qui explique avoir rencontré la famille de la victime. "J'en ai marre d'entendre de votre bouche que : 'J'assume'. Chaque fois qu'il y a un problème, que ce soit au niveau de la mobilité, de la sécurité, j'entends le mot 'j'assume'. Présentez d'abord vos excuses vis-à-vis du manquement que vous avez eu avant de dire le mot 'j'assume'. Au moins, ayez l'amabilité, la politesse et la correction de leur dire pardon parce que vous avez fauté, Monsieur le bourgmestre".
Mourad Maimouni explique ensuite avoir déjà demandé lors d'un précédent conseil la "ventilation des forces de l'ordre", faisant valoir son expertise dans la sécurité. Il demande ainsi que les forces de police soient mobilisées principalement pour assurer la sécurité des Bruxellois. "Où sont les caméras ? Juste des simples caméras dans les quartiers sensibles, c'est tout ce qu'on vous demande. Où sont-elles ?", poursuit-il. "C'est pas l'attentat qui a eu lieu à Yser, c'est pas des terroristes. C'est des gamins", ajoute M. Maimouni.
Autant de questions auxquelles le bourgmestre de Bruxelles répond en faisant un état des lieux de l'enquête, refusant de faire davantage de commentaires en raison de l'instruction en cours. Il explique également avoir augmenté le nombre d'effectifs présents dans les rues de Bruxelles et pointe la problématique de la prolifération des armes à feu. Il ajoute que des moyens supplémentaires concernant les forces de l'ordre doivent être mis en place.

