La majorité Vivaldi cale sur la réforme du financement des partis politiques
Le PS a déposé une note sur la table, qui est jugée très insuffisante par plusieurs de ses partenaires.

- Publié le 30-01-2024 à 21h50
Les partenaires de la majorité fédérale (la Vivaldi) se retrouvent ce mercredi matin, à la Chambre des représentants, pour tenter de trouver un accord sur la réforme du financement des partis politiques, avant une réunion de la commission parlementaire Renouveau institutionnel, prévue à 14 heures.
Les représentants de "We need to talk" participeront à cette commission. "We need to talk" est un groupement citoyen qui avait présenté devant la Chambre, l'an dernier, une série de propositions visant à encadrer le financement des partis. On y retrouvait entre autres la limitation des dépenses sur les réseaux sociaux, l'interdiction de la spéculation (notamment immobilière) ou encore une meilleure répartition du financement public entre petites et grandes formations politiques.
La Vivaldi avait promis de donner une réponse à "We need to talk". Des négociations ont lieu depuis quelque temps, dont une dernière réunion mardi midi, pour définir une position commune, mais sans succès pour le moment.
Une note déposée par le PS sert de base à la discussion (le PS tient la plume car il a la présidence de la commission Renouveau institutionnel). On y retrouve des propositions telles que l'interdiction des investissements spéculatifs, l'amélioration de la transparence sur la manière dont les partis dépensent leur argent, le renforcement du contrôle de la Cour des comptes, la réglementation des dons venant de l'étranger, etc.
Des propositions jugées trop timides
La plupart des membres de la majorité jugent que la note socialiste n'est pas assez ambitieuse. Les discussions restent "difficiles", selon le député Kristof Calvo (Groen), interrogé mardi par Belga. "Je ne vais pas faire de grandes déclarations parce que je veux vraiment un accord, mais cinq ou peut-être même six partis de la Vivaldi pourraient certainement se retrouver."
Joris Vandenbroucke, député Vooruit, dit pour sa part regretter que les partis francophones en particulier rechignent à adopter des mesures plus fortes, telles que la limitation des dotations des partis ou des publicités sur Internet. Il ne les cite pas, mais il vise surtout le MR et le PS (parti frère de Vooruit).
Concernant la publicité sur Internet et les dépenses sur les réseaux sociaux, le blocage est principalement attribué au MR. Ce dernier a formulé une proposition visant à limiter ce type de dépenses uniquement durant la campagne électorale, mais d'autres formations l'ont jugée insuffisante. L'idée d'un plafond annuel de dépenses a aussi été formulée.
Ça coince sur la réduction des dotations
Les discussions patinent aussi sur la diminution globale des dotations des partis. Par le passé, PS et MR n'ont jamais montré le moindre enthousiasme à l'idée de réduire ces dotations. Rien n'indique pour le moment que leur position a évolué. La reprise des discussions mercredi matin devait laisser le temps aux députés de consulter leurs instances avant la reprise des négociations.
"Moins d'argent pour les partis et l'arrêt des dépenses folles pour les médias sociaux : cela devrait aller de soi", selon Kristof Calvo. Pas sûr que son point de vue soit partagé par tous.