La députée fédérale Vanessa Matz sur l'attentat à Bruxelles : "De qui se moque-t-on ? Nous ne sommes pas prêts à faire face à une menace terroriste"

Vanessa Matz, députée fédérale (Les Engagés) est l'invitée du "Café sans filtre", au micro de Maxime Binet ce mercredi 25 octobre 2023 sur LN24 et LN Radio.

La Rédaction de l'Avenir

Vanessa Matz est députée fédérale liégeoise pour le parti "Les Engagés". Elle est membre de la Commission Justice. Au micro du journaliste Maxime Binet, elle évoque notamment les manquements relatifs au suivi administratif du terroriste du 16 octobre 2023, en séjour illégal jusqu'à son interpellation et sa mort. Une nouvelle commission justice intérieur est prévue à partir de 13h30 à la Chambre des représentants. La ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, et la secrétaire d'État à l'Asile, Nicole de Moor seront notamment auditionnées.

Sur la plateau de LN24, l'élue politique est revenue sur le partage d'une information tardive sur la réception d'une notice rouge communiquée par Interpol, quelques jours après la première Commission de suivi d'une durée de 7 heures. De même pour la demande d'extradition de la Tunisie. "On a eu l'impression que le gouvernement était dans la transparence. Et ce week-end, il y a la demande d'extradition, la 'red notice', on sent bien que ça tire dans tous les coins. On a vraiment l'impression qu'on ne nous a pas tout dit. On comprend le manque de confiance de situation et ça contribue à décrédibiliser les politiques", regrette la députée.

Cet après-midi, des zones d'ombre devront être élucidées, notamment sur "les relations que l'office des étrangers a avec la commune de Schaerbeek", pointe encore Vanessa Matz, qui rappelle qu'en 2021, l'individu a déjà fait une demande d'asile déboutée, qu'il y a eu un ordre de quitter le territoire, qu'il était en séjour illégal.

De surcroît, des faits de droits communs étaient à son actif et "une demande d'informations concernant un mariage que l'individu a contracté en Tunisie et qu'il voulait faire reconnaître en Belgique", précise-t-elle. "On sait qu'il y a eu des contacts entre l'Office des étrangers et la Commune de Schaerbeek. Ce que nous voudrions savoir est ce qu'il y avait dans le dossier de l'Office des étrangers, qui a accès à la base de données de la police, la Banque de données Nationale Générale (BNG), dans laquelle les 4 signalements de l'individu étaient", prévient la députée.

Suite à la première commission tenue après les attentats du 16 octobre, "une recommandation fondamentale n'a pas été mise en œuvre, c'est celle de la mise en place d'une Banque carrefour sécurité où l'ensemble des autorités viennent déposer leurs informations. Dans ce dossier, le point crucial, c'est l'échange d'informations."

Des recrutements insuffisants selon la députée

Lors de l'interview, Vanessa Matz s'est exprimée sur la promesse de recrutement du Kern, les 50 ETP dont la police judiciaire fédérale de Bruxelles (PJF) bénéficierait et sur les 5 magistrats qui viendront renforcer le parquet de Bruxelles.

"Dans ce contrôle des ventes (NdlR: d'armes), il y a 2 à 3 personnes. Il y a quelques années, 10 personnes étaient actives. Avec les 50 policiers complémentaires promis par le Kern, j'ai envie de dire mais de qui se moque-t-on ? Ça fait des années que nous demandons que la police judiciaire (PJ) et fédérale dans son ensemble, soit renforcées. La demande de la PJ, c'est d'avoir 300 enquêteurs complémentaires. Évidemment, Bruxelles doit être renforcée. Mais il y a le reste du pays. N'oublions pas non plus qu'à Liège et à Verviers, il y a eu des problèmes de terrorisme", rappelle Vanessa Matz, sur les besoins de la police actuellement concentrée sur l'arme de l'assaillant et l'enquête ouverte sur la vente d'armes illégales en Belgique.

guillement

Nous sommes dans l'illégalité totale, c'est 13,5 % de cadre qu'il manque sur tout le pays, au niveau de l'ensemble du territoire.

Pour la députée, 5 magistrats ne sont pas suffisants pour les besoins structurels du parquet de Bruxelles, qui nécessiterait plutôt 29 embauches pour remplir le cadre de cette zone spécifique. "C'est la preuve qu'on n'a jamais eu l'intention de remplir le cadre, sinon on aurait prévu une réserve de recrutement. Nous sommes dans l'illégalité totale, c'est 13,5 % de cadre qu'il manque sur tout le pays, au niveau de l'ensemble du territoire. Nous ne sommes pas prêts à faire face à une menace terroriste. Que ce soit les autorités judiciaires ou la police, ils disent qu'ils ne sont pas en capacité de poursuivre l'ensemble des faits criminels graves auquel notre état est soumis." condamne l'élue fédérale des Engagées.

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