Maxime Prévot: "Notre approche est moins conservatrice que celle que le MR incarne"

Comme chaque matin dans "Café sans filtre", Maxime Binet reçoit un invité qui fait le cœur de l'actualité. Aujourd'hui c'est le président du parti les Engagés, Maxime Prévot, qui est invité sur le plateau de "Café sans filtre" sur LN24 et LN Radio.

Charlotte Van Breusegem

Pour le premier sujet de l'émission, Maxime Prévot s'est exprimé sur les discussions budgétaires en cours au fédéral : "Il faut être lucide, les enjeux budgétaires et les déficits qui sont en train de s'accumuler nécessiteront tôt ou tard des réformes structurelles." Le président des Engagés est notamment revenu sur la proposition des Verts de revoir la taxe aérienne : "Est-ce que quelqu'un pense qu'on va régler le problème du financement de ce pays et de son déficit structurel en réglant la question la proportion de places business ou éco dans les avions ? Je pense qu'on est à nouveau en train de se tromper d'enjeux."

Pour évoquer ses ambitions de réforme structurelle, Maxime Prévot estime "qu'il n'y aura rien de soutenable d'ici 2027 qui ne passera par du courage". Le président des Engagés précise aussi qu'il n'y aura pas de créneau unique ciblé, même s'il évoque quelques pistes : "La sécurité sociale méritera d'être défendue au vu de la réforme d'Etat qui arrive. Par contre, la fiscalité doit être un levier de redressement".

Limiter les allocations de chômages mais en améliorer les conditions

Sur les enjeux liés au marché du travail, Maxime Prévot a éclairci la position du parti centriste en soulignant une différence d'approche par rapport au MR : "Notre approche est moins conservatrice que celle que le MR incarne", et ce notamment sur le sujet du travail des migrants. "Il faut à la fois activer nos propres demandeurs d'emploi pour qu'ils retrouvent la voie de l'emploi mais il faut également avoir une action qui soit réfléchie et coordonnées sur les réfugiés qui ont peut-être des compétences recherchées."

Pourtant, les Engagés comme le mouvement réformateur souhaitent limiter les allocations de chômage au bout de deux ans. "Contrairement au MR, je ne suis pas en train de blâmer les gens qui se retrouvent au chômage", affirme le président centriste. "La volonté, c'est de dire, comme les modèles scandinaves, conservons 75-80 % du dernier salaire pour qu'il n'y ait pas de précarité financière qui s'ajoute à la perte de l'emploi et après les deux ans, s'ouvre un droit à l'emploi pour pouvoir travailler dans le secteur associatif public ou privé". Dans l'idée de stimuler davantage les chômeurs à retravailler, "mais avec un confort financier plus appréciable que l'allocation actuelle de chômage".

Elections 2024 : Les Engagés menés par Maxime Prévot pour décrocher deuxième siège à Namur

Le parti centriste – qui se définit désormais comme un mouvement citoyen – veut concrétiser son projet en recrutant des personnalités connues du grand public telles que Vincent Blondel et Armelle Gysen. "Si des personnes nous viennent de la société civile, c'est parce qu'on n'a pas voulu créer la participation citoyenne comme alibi. On donne de leviers d'action, des capacités d'être présents dans les parlements", explique Maxime Prévot.

Alors que Paul Magnette évoque déjà une coalition PS, Écolo et Engagés, Maxime Prévot n'a pas souhaité s'exprimer sur ses préférences. "Ma volonté est clairement de revenir au sein de tous les gouvernements en 2024. Ce qui est important, ça va être d'abord le contenu de ce qui va être porté et défendu. Je n'ai pas d'exclusive à ce stade, ce qui m'intéresse c'est de pouvoir réoxygéner cette politique qui en a bien besoin et de pouvoir ouvrir les fenêtres de parlements avec des visages différents et des personnalités enthousiastes."

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