L'éviction de Vertenueil sans lien avec la rencontre avec Bouchez ? Bodson contredit... la FGTB
- Publié le 09-06-2020 à 13h18
- Mis à jour le 09-06-2020 à 20h01

L'éviction de Robert Vertenueil de la présidence de la FGTB n'a aucun lien avec une quelconque radicalisation du syndicat sous l'impulsion du PTB, ni avec la rencontre entre M. Vertenueil et le président du MR Georges-Louis Bouchez, a assuré mardi le nouveau président Thierry Bodson. Des propos qui ont été contredits par le syndicat lui-même.
Dans un communiqué, la FGTB se montre nettement moins affirmatif que son nouveau président, reconnaissant que "l'impression a, à tout le moins, été donnée que la FGTB et le MR étaient subitement sur la même longueur d'onde". En outre, l'initiative a été prise sans discussion avec les instances et donc "sans mandat".
La confiance entre les instances du syndicat socialiste et Robert Vertenueil, qui était à sa tête depuis mai 2018, était rompue. Sa position n'était dès lors plus tenable, a indiqué, de son côté, M. Bodson, qui va devoir à son tour être remplacé à la tête de l'interrégionale wallonne.
Le nouveau président a assuré que cette perte de confiance n'est pas liée à l'influence croissante de l'extrême gauche, et du PTB en particulier, au sein de la FGTB. "Le PTB n'influence pas nos débats, pas plus qu'un autre parti. C'est nous qui allons vers les partis progressistes pour leur faire part de nos priorités."
Thierry Bodson est toutefois revenu sur ces propos concernant la rencontre avec Georges-Louis Bouchez. Le fait d'avoir évoqué avec le président du MR un nouveau pacte social, sans mandat, est lui bien en cause, reconnaît cependant M. Bodson.
La récente rencontre au siège du syndicat entre MM. Vertenueil et Bouchez n'est pas à proprement parler en cause non plus, selon M. Bodson. "Le fait de discuter avec un responsable libéral, et un président de parti en l'occurrence, n'est pas le fond du problème. Par contre, quand on va à une première discussion avec un responsable politique, quel qu'il soit, on n'y va pas avec deux ou trois journalistes d'une part, et d'autre part on s'assure qu'on ne sort pas de son mandat. Or, aujourd'hui, il n'y pas ce mandat pour un responsable de la FGTB. Nous estimons que les temps ne sont pas encore mûrs pour aller négocier un pacte social et économique, ce qui était apparemment l'objet de la rencontre."
M. Bodson se dit "partagé" quant à sa nomination. "La FGTB en avait besoin, nous ne pouvions pas nous permettre de longue vacance du pouvoir en ce moment, avec notamment des discussions au Groupe des Dix prochainement, mais ces derniers jours laisseront des traces, également d'un point de vue humain vis-à-vis de Robert Vertenueil."
Le nouveau président, qui concède un style différent de celui de son prédécesseur, va désormais aller à la rencontre des instances du syndicat afin de "valider" une série de positions. Décrit comme un "régionaliste", il souligne avant tout qu'il n'est pas un "anti-fédéraliste". "Le régionalisme, c'est s'assurer que la politique économique est en phase avec les besoins spécifiques d'une région par rapport à une autre (...) Tout régionaliser dans le pays comme le préconise la N-VA, y compris la sécurité sociale et le droit du travail, ce n'est pas acceptable pour nous."
