L'hypothèse d'un gouvernement fédéral sans la N-VA se renforce
On le sait : l'informateur Paul Magnette (PS) a une idée derrière la tête.

- Publié le 20-11-2019 à 18h07
- Mis à jour le 20-11-2019 à 19h19

On le sait : l'informateur Paul Magnette (PS) a une idée derrière la tête. Pour l'instant, il continue ses consultations qui associent dix partis (PS, SP.A, MR, Open VLD, CDH, CD&V, Défi, N-VA, Écolo et Groen) mais sa préférence va à une majorité sans les nationalistes flamands. Ce scénario est la grande alternative à la coalition PS/N-VA dont les bases avaient été jetées par Didier Reynders (MR) et Johan Vande Lanotte (SP.A) mais qui n'avait pas pu voir le jour. Malgré de réelles convergences dans certains dossiers, les socialistes francophones et les nationalistes flamands ne semblent pas près de gouverner ensemble.
Alors, vu cette hostilité réciproque et persistante, vu l'urgence dans laquelle se trouve la Belgique notamment sur le plan budgétaire, les esprits seraient en train d'évoluer. Le nœud à trancher se trouve au CD&V et, surtout, à l'Open VLD. Ces deux formations politiques considèrent que la place de la N-VA est au sein du prochain gouvernement fédéral, à leurs côtés.
La situation évolue
Toutefois, ces derniers jours, des bruits de couloir et certaines expressions publiques de leaders politiques laissent entendre que Paul Magnette pourrait réussir son pari et maintenir la formation de Bart De Wever dans l'opposition. Lundi, Gwendolyn Rutten, la présidente de l'Open VLD, a publié sur Twitter un message enthousiaste à l'égard du travail accompli par l'informateur royal qui est aussi le nouveau président du PS : "La mission est difficile, mais l'informateur Paul Magnette prend les choses au sérieux. C'est nécessaire. Notre pays mérite un gouvernement qui met la main à la pâte". Ce mercredi, visiblement irrité, Theo Francken a repris de volée le tweet de Gwendolyn Rutten en ajoutant que la Belgique méritait aussi un gouvernement "qui ne touche pas aux poches des Flamands". Décodage : sans la N-VA au fédéral, l'Open VLD ne pourrait résister au "tsunami de taxes" (copyright Bart De Wever) qui logerait au cœur du programme des socialistes et des écologistes.
Un axe Rutten/Magnette ?
Les relations entre libéraux flamands et leaders de la N-VA seraient-elles en train de se tendre ? Gwendolyn Rutten ne serait pas hostile à un gouvernement sans la N-VA. Humainement, elle est très appréciée par Paul Magnette. Même s'il ne partage pas ses idées sur le plan économique, l'informateur considère qu'il est possible de discuter et de trouver des compromis avec la présidente libérale flamande. Par contre, le reste de l'Open VLD (Alexander De Croo, par exemple) reste tiède à l'idée de gérer les affaires publiques avec la gauche sans "mouiller" la N-VA.
Le MR à la rescousse
Afin de convertir les libéraux flamands à l'idée d'une coalition sans les nationalistes, Paul Magnette a demandé l'aide du MR, le parti frère de l'Open VLD. Contacté à ce sujet, l'entourage de l'informateur royal et président du PS ne fait pas de commentaire et souhaite préserver la discrétion qui entoure actuellement les contacts au fédéral. En tout cas, au MR, l'époque où Paul Magnette passait pour un dangereux idéologue est révolue. Plusieurs réformateurs se disent impressionnés par ses talents de négociateurs. "Même si la N-VA n'est pas encore écartée, il avance fort, ce n'est pas du bluff", note un élu MR.