Le CDH n'exclut plus de participer à un gouvernement fédéral: "On ne joue pas à la chasse aux postes, mais on ne peut pas rester au balcon"
Catherine Fonck, négociatrice du CDH au Fédéral. "On n'est pas en train de jouer au casting. Mais la situation est tellement compliquée que chaque siège compte."

- Publié le 12-11-2019 à 12h08
- Mis à jour le 14-11-2019 à 22h21

Les exclusives formulées par les partis avant les élections ont fortement compliqué la possibilité de former un gouvernement.
Le CDH, au sortir de sa défaite électorale, avait formulé une position très claire et radicale : ce serait l'opposition à tous les niveaux de pouvoirs. Une décision qui, forcément, n'avait pas fait la totale unanimité en interne. C'est donc le MR qui a rejoint Ecolo et le PS dans la coalition wallonne.
Ces derniers jours, le parti a toutefois opéré une forme de courbe rentrante. Le discours a changé drastiquement. Le président du PS s'est entretenu avec dix partis. Ce lundi, Paul Magnette, informateur royal, a précisé que 9 partis s'étaient déclarés disponibles pour participer à un gouvernement, le dixième (sans le nommer) étant prêt à soutenir le gouvernement de l'extérieur. Les observateurs ont pensé, dans un premier temps, qu'il s'agissait du CDH. Ce qu'a rapidement démenti Maxime Prévot, selon qui le président du PS parlait de Défi et non de son parti. Le CDH n'exclut donc plus l'opposition. "J'ai participé aux discussions en compagnie de Maxime Prévot, avec l'informateur royal, Paul Magnette. Je suis sur la même position que Maxime Prévot" , nous assure Catherine Fonck. " Cela fait près de 6 mois qu'on a voté. Et la situation s'enlise. J'ai entendu les interventions en radio la semaine dernière de Geert Bourgeois et Rudy Demotte. C'était binaire : les 5 mois et demi n'ont servi à rien. On est dans une crise et on doit en sortir."
Le CDH participe donc à ces discussions fédérales et adhère à la stratégie de Paul Magnette qui souhaite rassembler les partis sur les projets, au-delà des postures. "On discute de contenu, pas de casting. De programme potentiel et pas de partis. On s'inscrit donc dans cette dynamique" , précisait Maxime Prévot lundi.
"On ne va pas se regarder le nombril dans une posture particratique: on peut établir des ponts" "Pour l'essentiel, les préoccupations des gens ne sont pas si différentes. Nous sommes un petit parti et on ne veut certainement pas se voir plus gros que le bœuf. Mais même si nous sommes petits, on veut travailler à trouver des solutions" , reprend Catherine Fonck. On ne va pas se regarder le nombril dans une posture particratique. On ne sait pas ce qu'il va advenir. Mais on ne peut pas rester au balcon et les laisser se débrouiller alors effectivement on est autour de la table. On se rend compte qu'à notre niveau, on peut faire sens et établir des ponts."
La députée fédérale ajoute que son parti "n'est pas en train de jouer au casting, ni à la chasse aux postes ": "Je me rends compte que notre position est en dehors des codes politiques habituels. Au lendemain des élections de mai, le CDH n'était pas indispensable et nous n'empêchions aucune majorité de se former. Mais aujourd'hui, la situation est tellement compliquée que chaque siège compte. La situation est grave. Retourner aux urnes serait dans l'intérêt des extrêmes, du Vlaams Belang ."
Maxime Prévot et Catherine Fonck rencontreront à nouveau Paul Magnette ce mardi.