Coup de pression d'Ecolo sur Nethys: la crise n'était pas loin
- Publié le 10-10-2019 à 20h41
- Mis à jour le 10-10-2019 à 23h37

Ce jeudi soir, Écolo a bloqué la nomination des nouveaux administrateurs de Nethys. Avant de se raviser, évitant une crise avec le PS et le MR.
Jusqu'au bout elle est restée convaincue que le conseil d'administration de Nethys a bien agi. Pourtant lâchée par son parti qui a exigé d'elle qu'elle présente sa démission du conseil d'administration de l'intercommunale Enodia, Muriel Targnion (PS), présidente en titre du CA, aura quand même cherché à rester en place le plus longtemps possible. On apprenait en fin de matinée que Muriel Gerkens et Julien Vandenburie allaient exiger la démission d'une présidente qui semble, depuis le début, nager à contre-courant. Mercredi soir encore sur un plateau de télé, elle défendait avec vigueur la légalité des ventes de Win, Elicio et Voo, réalisées, discrètement, par Nethys, en mai 2019. Elle annonçait aussi qu'elle avait demandé au conseil d'administration de Nethys, pourtant démissionnaire, d'entamer les démarches pour licencier le comité de direction. À savoir, Stéphane Moreau, Jos Donvil, Bénédicte Bayer, Frédéric Vanderschoor et Pol Heyse. Une demande qu'elle a effectuée sans en avertir le conseil d'administration d'Enodia. Ce fut la faute de trop.
Elle a donc présenté sa démission jeudi après-midi au CA d'Enodia tout en souhaitant représenter Finanpart – la structure intermédiaire entre Enodia et Nethys où les administrateurs sont les mêmes que chez Enodia – lors de l'assemblée générale de Nethys qui a lieu ce vendredi midi et où un nouveau conseil d'administration sera mis en place. Beaucoup craignent que si c'est elle qui représente Finanpart elle vote la décharge aux administrateurs de Nethys, les mettant ainsi à l'abri pour l'avenir si des fautes dans leur chef devaient être avérées. D'autant que l'autre actionnaire de Nethys, WBCC (0,1 %), devrait être représenté par son président qui n'est autre que Stéphane Moreau, toujours lui. Ce jeudi soir, on apprenait que Muriel Targnion représenterait bien Finanpart à l'AG de Nethys ce vendredi et qu'elle resterait par ailleurs administratrice au sein d'Enodia.
Dans le cas de figure, très probable, où l'assemblée générale de Nethys prendrait acte de la démission des anciens administrateurs (Pierre Meyers, Stéphane Moreau, François Fornieri…) et nomme, dans la foulée, un nouveau conseil, on nous confirme qu'un trio d'administrateurs sera mis en selle. Comme annoncé, il s'agira de Jean-Pierre Hansen (ex-Electrabel), Laurent Levaux (Aviapartner) et Bernard Thiry (ex-Ethias).
Coup de fièvre d'Écolo
Sauf que, jeudi soir, les administrateurs d'Enodia (ex-Publifin) réunis au sein de Finanpart (la filiale d'Enodia) ont vu leur CA interrompu, Écolo refusant la nomination des trois nouveaux administrateurs. Le PS et le MR, majoritaires, auraient pu se passer d'Écolo mais ils étaient désireux d'impliquer ces derniers dans la décision.
En fin de soirée, Écolo s'est ravisé et a accepté la nomination du nouveau trio. Les écologistes ont émis une contre-proposition (acceptée) : élargir le CA et y nommer au moins une femme.
Ces trois personnalités devraient se donner une période de trois semaines pour entrer dans les dossiers (Voo, Elicio, Win, Éditions de l'Avenir…) et rencontrer les différentes personnes impliquées. Trois semaines durant lesquelles le trio devrait se taire dans toutes les langues histoire, notamment, de rétablir une certaine sérénité (en interne comme en externe). Ce n'est qu'au terme de cette trêve que les trois nouveaux administrateurs, sollicités et soutenus par le gouvernement wallon, pourraient prendre des premières décisions (dont la nomination d'administrateurs supplémentaires et la désignation d'une nouvelle équipe de direction de Nethys).
Levaux se retire du consortium
À propos de Laurent Levaux, on a appris hier qu'il avait fait savoir qu'il se retirait du consortium, au sein duquel on trouve le groupe IPM, Pierre Rion et Bernard Delvaux, qui a déposé récemment une offre ferme de rachat d'une majorité du capital des Éditions de l'Avenir. Dès lors qu'il a été sollicité pour entrer au nouveau CA de Nethys, Laurent Levaux a pris les devants – afin d'éviter toute accusation d'un éventuel conflit d'intérêts – en se retirant du consortium (même si, à notre connaissance, ce n'était pas nécessaire sur un plan purement juridique).