Pourquoi la cure d'opposition du CDH a particulièrement irrité Ecolo
La cure d'opposition du CDH a particulièrement irrité Ecolo. Avec le retrait des troupes de Maxime Prévot, la position des verts s'est considérablement dégradée.

- Publié le 12-06-2019 à 07h39
- Mis à jour le 12-06-2019 à 18h06

La cure d'opposition du CDH a particulièrement irrité Ecolo.
Avec le retrait des troupes de Maxime Prévot, la position des verts s'est considérablement dégradée. Deux scénarios restent possibles au niveau wallon, préalable probable à la formation d'un gouvernement fédéral. Gouverner, avec le PS et le MR, ou se retrouver dans l'opposition. La possibilité d'une "alliance progressiste" est enterrée. Reste donc une coalition arc-en-ciel (PS-MR-Ecolo). Les troupes de Zakia Khattabi et de Jean-Marc Nollet n'y sont numériquement pas nécessaires. C'est bien là que le bât blesse.
Le parti, qui a réalisé une jolie percée électorale, ne ferme pas la porte à une participation. Mais les voix des membres les plus expérimentés se font entendre en interne. Plusieurs ténors veulent éviter que leur participation au pouvoir, faute de levier suffisant, ne les conduise à une défaite électorale, comme en 2014, après la victoire de 2009.
"On a gagné les élections mais le rapport de forces ne nous est pas favorable", analyse Philippe Henry (Ecolo), ministre wallon de l'Environnement entre 2009 et 2014. "Le PS et le MR font semblant d'être les pires ennemis. Or, ensemble, entre partis traditionnels, ils retombent rapidement dans l'entre-soi. Ils savent que faire un accord avec nous sera compliqué. On ne ferme aucune porte. Mais on n'est clairement pas dans la logique de se dire qu'il faut absolument y aller. Nous voulons nous inscrire dans la durée. L'objectif n'est pas de s'effondrer dans 5 ans…"
Plusieurs ténors Ecolo ont ainsi mis en garde contre les dangers d'une coalition avec le PS et le MR, qui risquerait de mettre Ecolo en position de faiblesse, sans possibilité de faire appliquer des mesures fortes de son programme social et pour le climat. Le discours est plus nuancé quant à une participation au pouvoir chez les nouveaux élus. Mais l'attirance pour le MR y est, et c'est un euphémisme, assez timide.
"On est face à un dilemme. Les membres sont partagés. Le scénario d'une coalition où nous ne sommes pas nécessaires a clairement ses limites", nous souffle ce ténor Ecolo.
"Surtout si c'est pour travailler avec une coalition Publifin, PS-MR. Tout dépend de quel PS on parle : celui de Pierre-Yves Dermagne et de Paul Magnette, ce n'est pas le PS liégeois, celui de Marcourt", abonde ce poids lourd écologiste.
"Il y a cette tradition de bonne entente entre PS et MR en région liégeoise", confirme cette autre source du parti. "Mais nous avons tout de même certaines garanties côté socialiste. Ils savent que se retrouver face au PTB et à Ecolo en même temps dans l'opposition, ce serait un massacre. On constate par ailleurs que les jeunes élus et militants, chez nous, sont plus à gauche. Beaucoup ne veulent pas d'un gouvernement avec le MR."
Guère de naïveté, donc, dans les rangs des verts. Mais de l'espoir, encore.
"Je pense qu'à ce stade, nous devons rester sur notre ligne", conclut Philippe Defeyt. "C'est encore possible d'obtenir des bonnes décisions sur le climat en matière sociale."