Rupture des négociations entre PS et PTB à Molenbeek : Catherine Moureaux déçue et frustrée
- Publié le 25-10-2018 à 14h26
- Mis à jour le 25-10-2018 à 17h11

Le PTB a annoncé ce jeudi après-midi son retrait des négociations à Molenbeek. D'après le parti, "les conditions pour une rupture sociale et démocratique de gauche ne sont malheureusement pas réunies" .
Cette décision a été annoncée officiellement à Catherine Moureaux, la candidate-bourgmestre socialiste, lors de la rencontre entre le PS et le PTB.
"Beaucoup de nos électeurs et sympathisants nous ont interpellés, insistant sur le fait qu'ils ne voulaient pas d'un retour au clientélisme du passé ", a souligné Dirk De Block, chef de file du PTB Molenbeek. "C'est pourquoi nous avions plusieurs propositions pour garantir l'éthique politique et la transparence. Parmi celles-ci, un bureau indépendant d'éthique politique et de transparence qui permet de combattre le clientélisme et les conflits d'intérêts. Nous avions aussi mis sur la table la diminution des salaires des bourgmestres et échevins, ou encore la publicité de tous les mandats privés et publics des élus, ainsi que leur patrimoine, comme cela se fait en Suède."
Le Parti du Travail de Belgique a également expliqué que son choix était guidé la volonté d'Ecolo de ne pas entrer dans la majorité. "La réponse de Catherine Moureaux face au retrait d'Ecolo montre qu'il n'y a pas de remise en question fondamentale, ni d'autocritique sérieuse. Le retrait d'Ecolo des discussions à Molenbeek déséquilibre grandement une éventuelle coalition PS-PTB-Ecolo, qui avait les faveurs du PTB. Ce type de coalition permettait des équilibres qu'un duo ne permet pas. Le rapport de forces serait trop défavorable pour le PTB".
Le PTB a en outre critiqué la manière dont les négociations se sont déroulées : "la pression était mise dès le début pour aller vite, ce qui n'a pas mis un climat de négociations sain" .
"Toute cette séquence montre, au final, que l'ouverture des discussions au PTB semble feinte. Lorsque nous avons proposé de baisser le salaire du bourgmestre et des échevins, je me suis fait traiter de 'populiste'. La confiance n'est pas là" , a conclu Dirk De Block.
La grande déception de Catherine Moureaux
Suite à cette annonce du PTB, Catherine Moureaux a convoqué une conférence de presse. La socialiste y a annoncé que les compteurs de la négociation en vue de la constitution d'une majorité à Molenbeek sont désormais remis à zéro.
Mme Moureaux n'a pas caché sa grande déception et sa frustration face à l'échec de la perspective d'une "situation inédite" de gestion à gauche d'une commune confrontée à d'importants défis sociaux. Selon elle, la réunion au cours de laquelle le PTB a annoncé son départ a été extrêmement brève.
Catherine Moureaux a précisé qu'elle irait voir tour à tour les chefs de file des autres formations politiques de l'échiquier politique molenbeekois.
En raison du score électoral de sa liste sortie en tête du dernier scrutin, elle a indiqué qu'elle ne comptait pas partager l'exercice du mayorat avec une autre formation en cours de législature.
Peu avant l'annonce, du PTB, La Libre avait interrogé Françoise Schepmans, l'ex-bourgmestre de Molenbeek. Découvrez cette interview ici.
