Fonds de transition énergétique: 6 millions d'euros pour... le centre d'étude nucléaire
- Publié le 05-05-2018 à 11h27
- Mis à jour le 06-07-2018 à 11h45

Cette information risque de valoir à Marie-Christine Marghem (MR) une audition chahutée lors de sa prochaine venue en commission Economie de la Chambre. En effet, selon nos informations, le SCK-CEN, le centre d'étude de l'énergie nucléaire, figure parmi les quatorze meilleurs projets sélectionnés par l'administration de l'Energie dans le cadre de l'appel à candidatures du Fonds de transition énergétique. Il s'agit d'un projet de 6 millions d'euros, sur un budget total disponible de 30 millions d'euros, soit un cinquième de l'enveloppe disponible.
Pour rappel, Engie Electrabel alimente ce fonds à hauteur de 20 millions d'euros par an, en échange de la prolongation de dix ans accordée par le gouvernement Michel aux réacteurs nucléaires Doel 1 et 2.
Lors des débats sur la prolongation de Doel 1 et 2, Marie-Christine Marghem avait indiqué que l'argent versé par Electrabel ne servirait pas à financer des projets liés au nucléaire. Mais à l'occasion du lancement du deuxième appel à projets, l'énergie nucléaire avait été incorporée aux cinq thématiques clairement identifiées. Ce qui avait valu à la ministre de l'Energie des critiques acerbes de la part de l'opposition. "Il n'aurait pas été légal d'exclure une technologie, avait alors expliqué Marie-Christine Marghem. Mais je vais essayer qu'un projet nucléaire ne soit finalement pas retenu par le Conseil des ministres."
Un autre projet nucléaire évincé
La loi prévoit que le Conseil des ministres décide, sur proposition de la ministre de l'Energie, qui sont les gagnants de l'appel à projets, au plus tard pour le 31 mai. Sauf que le projet du SCK-CEN est classé parmi les 14 meilleurs par l'administration. Sera-t-il possible de l'exclure sans subir de recours alors que la thématique nucléaire avait été clairement ouverte dans l'appel à projets ? Nul doute que cette question va faire l'objet de vifs débats.
On peut ajouter que la situation de Marie-Christine Marghem aurait pu être encore plus délicate. En effet, un autre projet du centre d'étude nucléaire, pour un montant de 10 millions d'euros, fait partie des huit dossiers évincés par l'administration.