Lalieux préside les "grands événements"

Mathieu Colleyn
Lalieux préside les "grands événements"
©Belga

Le BME (Brussels Major Events), une ASBL de la Ville de Bruxelles dont Yvan Mayeur avait pris le contrôle, reste entre les mains du PS.Anecdotique en apparence, ce petit mercato charriait son lot de symboles et révélait une inimitié discrète mais certaine entre deux poids lourds socialistes de la Ville de Bruxelles. En juin 2016, Yvan Mayeur, alors bourgmestre, s'emparait de la présidence de Brussels Major Events, une ASBL pilier de la politique festive de la commune et bébé de l'échevin Philippe Close. C'est elle qui organise des événements tels que le marché de Noël des Plaisirs d'hiver, la plage de Bruxelles-les-Bains ou encore le Brussels Summer Festival qui anime la capitale durant le moins d'août. Que des succès de foule qui participent à l'attractivité touristique de la Ville de Bruxelles et à sa visibilité à l'international. Interrogée par "La Libre", la Ville confirme cette semaine que cette présidence est assurée depuis le mois de juin par la députée fédérale et échevine de la Culture et de la Propreté, Karine Lalieux (PS) à qui se destine la compétence Tourisme. Le cabinet du désormais bourgmestre Philippe Close assure également qu'Yvan Mayeur n'a jamais perçu le moindre jeton de présence de cette association dont le statut public ne souffre par ailleurs d'aucune contestation. Elle émane directement de la Ville.

Des statuts prévoyant des rémunérations

La question méritait cependant d'être posée au regard des modifications statutaires qu'avait occasionnées l'arrivée d'Yvan Mayeur à la présidence du CA de l'ASBL. Ces statuts furent officiellement déposés le 23 décembre 2016, lit-on au Moniteur. Outre le changement de présidence, assurée par un droit direct du bourgmestre de présider l'institution et une rémunération nouvelle pour les membres de l'assemblée générale de l'association, ces nouveaux statuts prévoyaient ceci : "Le conseil d'administration délègue à un bureau permanent une partie de ses pouvoirs qu'il détermine." Ce bureau serait composé de deux membres du conseil d'administration et présidé par le bourgmestre ou un de ses représentants. "Le conseil d'administration accorde une indemnité à son président et aux membres du bureau et en détermine le montant." Un bureau émanant du CA dont les réunions sont rémunérées, voilà qui ressemble furieusement aux schémas rencontrés au Samu social (dont la gestion a fait tomber Yvan Mayeur) ou encore dans le secteur des hôpitaux publics de la Ville.

Ici, le système n'a finalement pas été retenu. Dès l'automne 2016, il a été décidé de ne pas prévoir de rémunérations. "Il n'y a pas de bureau même si les statuts le permettent, assure le cabinet de Philippe Close. Seulement des conseils d'administration." Ceux-ci ne sont pas rémunérés, ajoute-t-on. Par ailleurs, les nouveaux statuts faisaient entrer l'opposition au Conseil d'administration. Outre les échevins MR Alain Courtois et Marion Lemesre, des représentants du PS et de l'organe régional Visit Brussels, on y trouve la conseillère communale CDH Joëlle Milquet et deux "observateurs" : Fabian Maingain (Défi) et Marie Nagy (ex-Ecolo). Tous trois dans l'opposition.

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