Comment lutter contre la cacophonie en matière de stationnement à Bruxelles?

- Publié le 27-01-2020 à 15h17
- Mis à jour le 27-01-2020 à 16h01

Si les dix-neuf communes de la capitale gardent, à ce stade, la main sur la stratégie communale en matière de politique de stationnement, elles peuvent décider de transférer son application à une agence régionale de contrôle, parking.brussels. Actuellement, dix d'entre elles ont fait ce choix. C'est le cas d'Anderlecht, Berchem-Sainte-Agathe, Evere, Forest, Ganshoren, Ixelles, Jette, Molenbeek-Saint-Jean, Schaerbeek et Koekelberg. Une onzième commune, Saint-Gilles, est en négociation avec parking.brussels pour leur emboîter le pas.
Une ordonnance bruxelloise, entrée en vigueur en 2016, impose désormais aux communes de traiter exclusivement avec des opérateurs publics, et non plus privés, pour le contrôle du stationnement sur leur territoire. L'agence régionale parking.brussels a été créée dans cette optique à ce moment-là.
Aujourd'hui, les neuf communes bruxelloises qui ne traitent pas avec cette dernière sont encore dans une relation contractuelle (car le contrat n'est pas encore arrivé à échéance) avec un opérateur privé, ou ont fait le choix d'avoir leur propre régie de contrôle. C'est le cas de la commune de Saint-Josse-ten-Noode (dont le bourgmestre Emir Kir a récemment défrayé la chronique suite à son exclusion du Parti socialiste) qui fait contrôler sa politique de stationnement via ses propres agents communaux.
Des communes "plus collaboratives"
Compte tenu de la cacophonie réglementaire actuelle en matière de stationnement à Bruxelles, certains plaident aujourd'hui pour que cette compétence soit intégralement transférée à la Région. La création de l'agence régionale parking.brussels constitue à ce titre une première étape vers l'uniformisation complète de la politique de stationnement. "Pour qu'il puisse y avoir une unification de cette politique, encore faut-il parvenir à unifier et la décision et son application, explique-t-on au cabinet de la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen). Mais il est vrai que certaines communes bruxelloises sont plus collaboratives que d'autres en la matière."
Interrogée sur l'éventualité de voir la politique communale de stationnement passer dans le giron de la Région, l'échevine schaerbeekoise de la Mobilité, Adelheid Byttebier (Groen), est catégorique : "Je suis entièrement d'accord, il faut uniformiser autant que possible la politique de stationnement en région bruxelloise. Le fait que nous collaborions désormais avec parking.brussels va nous permettre, via l'observatoire de cette agence régionale, d'avoir des chiffres précis et, le cas échéant, de mieux faire respecter les règles en matière de stationnement dans notre commune."
Via parking.brussels, mais également via son plan de mobilité Good Move, la Région entend inciter les Bruxellois à stationner hors voirie plutôt qu'en voirie, et à repenser le partage de l'espace public. "Aujourd'hui, 70 % de la voirie bruxelloise est affectée à la voiture. Et une grande partie de cet espace est utilisée uniquement pour stationner des voitures qui sont immobiles 97,5 % du temps, déplore la ministre Van den Brandt. On pourrait ainsi faire de plus grands trottoirs, plus de pistes cyclables, des sites propres pour les trams ou les bus, des terrasses, des parcs… Bref, une ville plus fluide et plus agréable à vivre", conclut-elle.
