Procès des attentats à Bruxelles : le volet civil du procès s'ouvre, tous les condamnés absents

La première audience relative aux intérêts civils du procès des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles s'est tenue mardi après-midi.

Procès des attentats à Bruxelles - Le débat sur les intérêts civils aura lieu les 16, 17 et 18 avril

Plusieurs avocats des parties civiles se sont relayés pour déposer des conclusions et réclamer des dommages et intérêts pour leurs clients respectifs. Aucun des huit condamnés dans le volet pénal du procès n'avait fait le déplacement.

La journée a débuté avec une brève prise de parole de Mes Vincent et Juliette Lurquin, qui représentent le condamné Hervé Bayingana Muhirwa. Les deux pénalistes ont annoncé qu'ils ne déposeraient pas de conclusions et que leur client ne s'opposerait donc à aucune demande des parties civiles.

Me Adrien Masset a ensuite pris la parole pour réaffirmer le lien de causalité entre les actions des condamnés Hervé Bayingana Muhirwa et Sofien Ayari et les dommages causés aux victimes. Les deux hommes sont les seuls à ne pas avoir été reconnus coupables d'assassinats et de tentatives d'assassinats terroristes. "Sans l'aide indispensable qu'ils ont apportée, les attaques ne se seraient pas déroulées de la même façon, le lien de causalité est donc établi", a rappelé Me Masset.

Procès des attentats de Bruxelles: les peines sont tombées

Me Olivia Venet a alors pris la parole au nom de l'association de victimes Life4Brussels. "L'argent ce n'est pas demain qu'ils l'auront, mais ce n'est pas important", a-t-elle précisé. "En leur octroyant ce sera une reconnaissance de leurs souffrances."

Sans préciser le montant exact demandé pour chacune des plusieurs dizaines de victimes représentées par Life4Brussels, l'avocate a évoqué des sommes provisionnelles (donc pas encore définitives) de base allant de 10.000 à 40.000 euros. À celles-ci viennent s'ajouter des majorations de 5.000 euros pour toute une série de dommages. L'angoisse d'une mort imminente pour les victimes directes ou l'angoisse de la mort d'un proche pour les familles, entre autres.

Me Jean-Paul Tieleman a lui aussi pris la parole pour réclamer un euro symbolique de dommages et intérêts pour chacune des victimes qu'il défend. L'avocat a justifié cette demande en expliquant que ses clients avaient déjà été dédommagés grâce à un procès remporté contre deux assureurs au civil. "Les victimes ne verront jamais la couleur de l'argent" car tous les condamnés lors du procès des attentats se trouveront dans l'incapacité de payer les indemnités, a-t-il ajouté.

L'un de ses confrères Me Delvaux a aussi plaidé pour un homme grièvement blessé dans les attaques et sa famille. Il a sollicité un montant d'un million d'euros pour le père de famille et 200.000 euros pour la femme et le fils de la victime.

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Me Thierry Moreau n'a, lui, évoqué oralement aucun montant concernant l'indemnisation de ses clients. L'homme de loi a en revanche qualifié de "scandaleux" la manière dont les victimes avaient été traitées par les assurances après le 22 mars 2016. "Sa vie est foutue et la seule chose qu'il reçoit comme aide c'est de se retrouver devant des médecins conseil dont le but est de payer le moins possible", a-t-il dénoncé en se référant au vécu de l'un de ses clients.

Le reste de l'audience a globalement été consacré au dépôt de conclusions de nombreux avocats qui n'ont pas souhaité plaider.

Oussama Atar, Salah Abdeslam, Mohamed Abrini, Osama Krayem, Bilal El Makhoukhi, Ali El Haddad Asufi, Sofien Ayari et Hervé Bayingana Muhirwa, tous condamnés à des degrés divers dans le cadre du procès des attentats, étaient aux abonnés absents. Chacun était néanmoins représenté par un avocat, à l'exception d'Oussama Atar, qui comparait par défaut car présumé mort en Syrie.

Les attentats à Bruxelles du 22 mars 2016 ont fait 35 morts et des centaines de blessés lors de deux explosions à l'aéroport de Zaventem suivies d'une 3e dans un métro qui quittait la station Maelbeek.

Au total, 1.216 parties civiles sont constituées dans ce dossier, mais peu avaient fait le déplacement mardi, préférant se faire représenter par leurs avocats.

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