Procès des attentats de Bruxelles: la cour d'assises chamboule son calendrier, les parties civiles mécontentes

Les juges et les enquêteurs seront entendus à partir de mercredi.

J.La.
This drawing by Janne Van Woensel Kooy shows the public prosecutor at a session of the trial of the attacks of March 22, 2016, at the Brussels-Capital Assizes Court, Wednesday 07 December 2022 at the Justitia site in Haren, Brussels. On March 22 2016, 32 people were killed and 324 got injured in suicide bombings at Zaventem national airport and Maalbeek/ Maelbeek metro station, which were claimed by ISIL. 
BELGA PHOTO JANNE VAN WOENSEL KOOY

La cour d'assises de Bruxelles, qui juge les auteurs présumés des attentats du 22 mars 2016, a bouleversé son calendrier mardi à la suite de l'action en référé des accusés détenus contre leurs conditions de transfert de la prison de Haren vers le Justitia.

Dès mercredi, la cour d'assises entendra les juges d'instruction, les chefs d'enquête et les enquêteurs qui ont travaillé sur le dossier depuis 2016. Ces auditions se poursuivront vraisemblablement jusqu'à la fin janvier. Selon le planning initial, la cour d'assises devait commencer mercredi, pour plusieurs semaines, à interroger les accusés. Ces interrogatoires sont dès lors reportés.

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Depuis l'entame du procès, les accusés détenus se plaignent des conditions de transfert. Leurs avocats ont cité en référé l'État belge, réclamant la levée des mesures les plus coercitives.

Lundi, plusieurs des accusés, comme Mohamed Abrini et Ali El Haddad Asufi, ont, via leurs avocats, clairement indiqué qu'ils n'accepteraient pas de répondre aux questions avant que cette question des conditions de transfert ne soit traitée en référé. Ils ont précisé qu'ils souhaitaient néanmoins s'exprimer. "Mohamed Abrini a répondu aux questions lors de son procès à Paris, c'était sa volonté. Sa volonté sera intacte à Bruxelles après le référé", avait dit une de ses avocates, Laura Pinilla.

La présidente de la cour d'assises a dès lors décidé de chambouler son calendrier et de reporter les interrogatoires des accusés.

Des parties civiles mécontentes

Ce planning bouleversé perturbe des parties civiles qui devront, elles aussi, modifier les dates de leurs témoignages. "On parle beaucoup de droits de l'homme. Les premiers, ce sont le droit à la vie et le droit à l'intégrité physique et psychique. Il y a ici des victimes dont on a pris la vie ainsi que l'intégrité physique et psychique", a protesté Me Nicolas Estienne.

Pour l'avocat de l'association V-Europe, qui y voit "chantage" des accusés, ce bouleversement impacte les victimes, dont certaines se préparaient pour témoigner en janvier.

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Mais la présidente, Laurence Massart, est restée ferme : "Il y a une difficulté sur le transfert des détenus et ce n'est pas le lieu ici pour en discuter. Un juge va traiter le fond de l'affaire et la cour d'assises se poursuivra sans désemparer", a-t-elle coupé.

"Tous les accusés nous disent qu'ils ont envie de s'expliquer et de parler au jury. Mon souhait est qu'ils s'expliquent effectivement et que les jurés les entendent", a-t-elle rétorqué.

Plusieurs avocats expérimentés devant les cours d'assises, sans toutefois les remettre en cause, s'étonnent de ces modifications. Me Alexandre Wilmotte, qui s'est constitué mardi partie civile pour des victimes, s'interroge, notant qu'étant interrogés après les juges et les enquêteurs, les accusés pourraient adapter leur parole. "Entendre les enquêteurs ensuite permet de confronter les propos des accusés à l'exposé de l'enquête", dit-il, hors audience.

Me Pierre Monville a aussi déposé une constitution de partie civile. Hors audience, il s'étonne également, notant que les accusés étaient bien présents mardi et que "la cour devient en quelque sorte captive des accusés, persuadée qu'ils vont s'exprimer. Or, rien n'est certain", même si les accusés obtiennent gain de cause en référé. "Ce procès d'assises est en quelque sorte suspendu à la décision d'un autre juge qui devra se prononcer sur les conditions de transfert", note-t-il.

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