Accusations de viols au cimetière d'Ixelles: quatre mois après, le barman n'a toujours pas été auditionné
Plus de quatre mois après les accusations de viols, le suspect n'a toujours pas été entendu par la police ou la justice.

- Publié le 03-02-2022 à 07h31
- Mis à jour le 03-06-2022 à 09h50

Plus de quatre mois après les accusations de viol à l'encontre d'un barman de deux bars du cimetière d'Ixelles, le suspect n'a toujours pas été auditionné par la police ou la justice. Du côté du parquet de Bruxelles, on se refuse à tout commentaire tant que l'enquête suit son cours mais selon nos confrères de la Dernière Heure, qui dévoilent l'information, l'instruction a connu un léger coup d'accélérateur ces dernières semaines. Les enquêteurs constituent un dossier le plus complet et solide possible avant de confronter le suspect, qui reste donc en liberté, au nom de la présomption d'innocence. Pour mémoire, l'individu fait l'objet de plusieurs plaintes pour viols. Des agressions qui ont été commises durant les cinq dernières années, sans que l'on sache si elles émanent toutes du même serveur.
De son côté, la commune d'Ixelles a débloqué un budget de 20 000 euros pour réaliser un diagnostic de la perception du sentiment de sécurité de la population via un questionnaire qui a été mis en ligne cette semaine. Le bureau d'études Egérie Research a remporté l'appel d'offres et qui s'est penché sur l'élaboration du questionnaire. Celui-ci débouchera, d'ici la fin mars, sur une série de recommandations qui seront communqiuées à l'ensemble des bourgmestres bruxellois. "Le questionnaire s'adresse à un échantillon de la population âgé de 18 à 30 ans. Il s'adresse aux femmes ainsi qu'à toutes les personnes dites sexisées, qui peuvent être minorisées sur base de leur orientation sexuelle", détaille le bourgmestre Christos Doulkeridis (Ecolo).
Le questionnaire se penche sur le sentiment de sécurité dans deux quartiers animés de la commune, à savoir le cimetière d'Ixelles et le quartier Flagey, mais l'on sait que la problématique est beaucoup plus étendue que dans cette zone. Des enquêtes pour viols sont également en cours à Gand, Liège ou Bruxelles-Ville.
Le questionnaire strictement confidentiel est déjà accessible et sera envoyé à l'ensemble de la communauté universitaire de l'ULB et de la VUB la semaine prochaine, via l'application mobile. Les personnes concernées qui souhaitent y répondre ont jusqu'à la mi-février pour le faire. S'ensuivra ensuite la phase quantitative avec l'analyse des données et un constat global qui sera tiré, avant la phase qualitative avec l'organisation d'une agora de 200 personnes qui seront réparties par tables thématiques choisies en fonction des constats du questionnaire. À terme, le bureau d'études livrera un diagnostic et un catalogue de mesures et de recommandations à mettre en place tant au niveau de la commune que de la police. Un courrier a été envoyé à tous les établissements d'Ixelles en les invitant à prendre part à cette démarche. "Sur les 250 établissements concernés, nous avons déjà reçu une soixantaine de réponses, dont certains grands établissements festifs de la commune", conclut Christos Doulkeridis.