Cinq ans requis contre deux mères détenues en Syrie
Les deux femmes ont fait part de leur volonté d'être rapatriées.

- Publié le 22-04-2021 à 20h35
- Mis à jour le 23-04-2021 à 19h11

Le Premier ministre Alexander De Croo l'avait indiqué début mars à la Chambre. Le gouvernement ouvrait la porte à un rapatriement "au cas par cas" des mères belges détenues dans les camps gérés par les forces kurdes en Syrie.
Il précisait que le critère principal était la sécurité nationale et que, si elles se distanciaient de l'État islamique, les femmes belges pourraient être rapatriées. Cela concernait treize femmes, dont neuf qui ont été condamnées et quatre qui faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt international. Le gouvernement avait aussi relevé de 10 ans à 12 ans l'âge des enfants pouvant être rapatriés d'office.
Parmi les quatre femmes qui n'avaient pas encore été condamnées figuraient deux djihadistes parties à l'été 2014. Il s'agissait d'une mère et de sa fille parties séparément : Mina (51 ans) et Yusra (30 ans) El Maliji.
Toutes deux ont fait part de leur volonté de rentrer en Belgique, a indiqué jeudi la procureure fédérale devant le tribunal correctionnel où elles sont jugées par défaut.
Les deux femmes sont actuellement détenues dans le camp d'Al-Roj, le plus petit des deux camps où sont détenues les djihadistes étrangères. Chacune a un enfant en bas âge tandis qu'un troisième a déjà été rapatrié.
"Rejoindre le califat"
Les deux femmes avaient quitté la Belgique pendant l'été 2014. Elles avaient répondu à l'appel d'Abou Bakr al-Baghdadi, qui avait proclamé le califat le 29 juin au départ de Mossoul (Irak). Il semble bien que ce soit la fille qui s'était radicalisée la première. Elle avait convaincu sa mère de quitter la Belgique.
Elles suivront des chemins divergents en Syrie. La mère, Mina El Maliji, a été capturée par les forces kurdes en novembre 2017. Elle est depuis lors détenue à Al-Roj où La Libre Belgique l'avait rencontrée en septembre 2018.
Yusra El Maliji a été interceptée en mars 2019 à la chute de Baghouz, qui était alors le dernier réduit de l'État islamique.
La procureure fédérale a requis cinq ans de prison contre les deux femmes, soit le maximum pour participation aux activités d'un groupe terroriste en tant que membre. Si elles rentrent, elles pourront faire appel du jugement qui sera prononcé le 20 mai.