La réforme de la formation initiale des enseignants en quatre ans a été adoptée en Commission
Le texte sera soumis sous peu à l'assemblée plénière. Les futurs diplômés gagneront-ils plus ? La question du barème a été évacuée.

- Publié le 16-11-2021 à 18h02
- Mis à jour le 02-12-2021 à 08h55

Le projet de décret qui réforme la formation initiale des enseignants a été adopté, mardi, en Commission de l'Enseignement supérieur. Cette formation sera désormais organisée en quatre ans pour tout le monde, quel que soit le niveau d'études auquel le futur enseignant se destine, en co-diplomation entre hautes écoles et universités. Le texte sera prochainement soumis à l'assemblée plénière du Parlement. Il devrait entrer en vigueur en septembre prochain, en même temps que deux autres grosses réformes: celles du décret Paysage et des rythmes scolaires.
Cette réforme avait été approuvée en 2019 sous la précédente législature. Initialement, elle aurait dû être effective en septembre 2020. Mais le gouvernement actuel l'avait d'emblée postposée à septembre 2021, "le temps de procéder à une évaluation sérieuse de son impact budgétaire". Depuis, le fond de la réforme a également été remis sur la table et le coût de son organisation a été intégré dans la trajectoire budgétaire. De plus, la crise sanitaire a empêché les équipes de se concentrer sur l'implémentation des changements. Le report a donc été prolongé d'une année supplémentaire, repoussant l'entrée en vigueur à septembre 2022.
Définition détaillée des compétences
La nouveauté du texte, c'est la définition détaillée des objectifs de cette formation et des compétences à développer, quelle que soit la filière choisie. Le dispositif en énumère quatre. Etre enseignant, c'est être un organisateur et accompagnateur d'apprentissages, mais aussi prendre sa place en tant qu'acteur au sein d'un établissement (travail collaboratif). Il s'agit encore de permettre l'acquisition de compétences et capacités chez ses élèves et de maîtriser soi-même une série de savoirs et contenus. Ces compétences complexes seront amenées à évoluer. C'est pourquoi, dès l'entame de la formation, des outils de développement seront travaillés, comme le portfolio qui accompagnera l'enseignant tout au long de sa carrière.
Les masters de spécialisation sont supprimés, celui en formation d'enseignants, accessible seulement après 5 ans d'expérience professionnelle.
Deux dispositions ont suscité beaucoup de discussions. D'abord, le test de maîtrise de la langue française. Celui-ci sera organisé en début de formation initiale. Il ne sera pas obligatoire mais permettra à chacun de se situer. En cas de réussite, les cinq crédits de remédiation seront automatiquement validés. Ceux qui ont échoué, par contre, devront inscrire ces cinq crédits à leur programme.
Pour les étudiants qui entameront leurs études après avoir obtenu un grade de bachelier, par contre, l'épreuve sera obligatoire. En cas d'échec, l'étudiant devra ajouter les 5 crédits de remédiation à son programme.
Pour un barème supérieur ?
Autre sujet de friction: le stage. L'étudiant devra réaliser un stage de longue durée au cours d'une année académique, de préférence dans un seul établissement. Le texte précise que l'objectif du stage est pédagogique, pas question de s'en servir pour éponger la pénurie.
Enfin, les enseignants issus du nouveau système bénéficieront-ils d'un barème supérieur ? La question est renvoyée à la législature prochaine. Les premiers diplômés sortiront en 2026 au plus tôt. "Cela laisse un peu de temps pour régler le problème", a répondu la ministre Valérie Glatigny (MR). Un groupe de travail devrait toutefois être mis sur pied à cet effet.