L'enseignement catholique furieux contre la circulaire : "On nous prend pour des mandailles !"
La présidente du collège des directions de BXL-BW pour le Segec Christine Toumpsin pointe plusieurs incohérences et dénonce l'absence de dialogue entre le ministère et les directions d'écoles.
- Publié le 28-05-2020 à 13h24
- Mis à jour le 28-05-2020 à 13h25

La présidente du collège des directions de BXL-BW pour le Segec Christine Toumpsin pointe plusieurs incohérences et dénonce l'absence de dialogue entre le ministère et les directions d'écoles.
Envoyée hier soir peu avant minuit, la circulaire ministérielle annonçant le retour à l'école des élèves de maternelles (le 2 juin) et des élèves de primaire (le 8 juin) suscite colère et inquiétude dans le réseau catholique francophone. La présidente du collège des directions de BXL-BW pour le Segec et directrice de l'Institut Notre Dame à Anderlecht Christine Toumpsin pointe plusieurs incohérences et dénonce l'absence de dialogue entre le ministère et les directions d'écoles.
"Nous ne sommes pas opposés à la réouverture des écoles. Au contraire. Mais nous nous sentons complètement instrumentalisés. On met en place des consignes irréalisables, qui ne correspondent pas aux réalités de terrain. Les directions n'ont pas été écoutées. Le ministère a reçu les syndicats et les fédérations des pouvoirs organisateurs, pas les directions. On nous prend pour des mandailles", explique-t-elle avant d'égrener quelques incongruités relevées dans la circulaire.
"Après les silos, voici les bulles... En fait, il s'agit d'une classe tout simplement, pouvant dépasser les 20 élèves. Bien, mais comment fait-on dans la cour pendant la récréation. Dans l'enseignement fondamental, nous n'avons pas d'éducateurs. Nous allons devoir mettre des professeurs dans la cour pour qu'ils interdisent aux élèves d'une bulle d'aller voir leurs copains d'une autre bulle..." La circulaire explique également que le professeur doit maintenir la distance d'1,5 mètre. "Comment va-t-il passer entre les bancs pour aider un élève... Ces mesures ont été prises par des gens qui n'ont aucune connaissance des réalités de terrain."
Autre point d'attention dans le chef des directions d'écoles catholiques : la circulaire explique que ce retour à l'école reste sur base volontaire. Là encore, le Segec estime que cela manque de clarté. "Ce volontariat met les directions d'école en porte-à-faux. Si une école estime ne pas être en capacité d'ouvrir, comment va-t-elle gérer les parents qui souhaitent remettre leur enfant à l'école... Pourquoi n'annonce-t-on pas tout simplement le retour de l'obligation scolaire pour tout le monde ?"
Mais encore... "Cette circulaire dit que les parents ont le choix de remettre leurs enfants à l'école ou pas. Elle dit aussi que les directions doivent prendre contact avec les parents qui refusent de remettre leurs enfants à l'école, qu'elles doivent également répertorier les demi-jours d'absence pour monitorer la situation. Mais à quoi cela sert-il de contacter les parents si l'obligation scolaire n'est pas imposée. En plus de cela, il faudra tout de même suivre les élèves qui ne retournent pas à l'école... Dites-moi comment on fait !?"
Christine Toumpsin rappelle que les directions sont tous les jours à l'école depuis le début de la crise et s'attend à voir certaines écoles du réseau catholique incapables d'ouvrir leurs portes. "Nombreux sont fatigués, épuisés. De plus, ils se sentent ignorés, déconsidérés... Nombreux ont également l'impression que l'on se sert d'eux pour mettre en place des mesures inhumaines et irréalisables."
