"Triste première", "une incroyable percée": la presse belge revient sur le résultat des élections et pointe un "fait politique majeur" inquiétant
Au lendemain des élections, les différents médias belges ont évidemment consacré leur édito à l'événement.

- Publié le 14-10-2024 à 07h56
- Mis à jour le 14-10-2024 à 07h59

La vague bleue azur MR-Engagés reste présente au sud du pays, mais le PS y est toujours vivant, ont noté les éditorialistes francophones, au lendemain du scrutin communal. Ceux-ci s'inquiètent des poussées communautaristes ainsi que du taux d'absentéisme croissant.
Les couleurs à la mode cet automne? "Assurément le turquoise (...) Les Engagés ont imposé leurs nuances", pointe Albert Jallet dans L'Avenir. "Le bleu des réformateurs s'adapte aussi aux changements des saisons, mais avec une touche un peu plus discrète".
Les éditorialistes ont noté que les tendances des élections législatives de juin se sont confirmée à l'échelon local ce dimanche d'octobre. "La vague bleue azur reste présente, sans tourner au raz-de-marée", lit-on dans la Dernière Heure.
Car en effet, le "PS est toujours vivant", écrit Béatrice Delvaux dans Le Soir. A Mons, dans une "bagarre symbolique", Georges-Louis Bouchez (MR), "n'a pas eu le scalp du bourgmestre socialiste en place", et surtout, le président du MR "n'a pas eu le scalp du président du PS, Paul Magnette", relève-t-elle. "Alors, oui, les socialistes perdent des majorités absolues (Herstal) et prennent de sacrés coups (Molenbeek ou Andenne) mais, comme l'a déclaré très vite dimanche soir un Paul Magnette visiblement soulagé, le PS reste premier dans les grandes villes francophones où il était premier".
A Bruxelles, "l'incroyable percée de la très communautariste Team Fouad Ahidar" a également "de quoi faire trembler le PS, mais aussi tous les défenseurs de la neutralité de l'État", observe aussi Dorian de Meeûs dans La Libre Belgique.
Dans l'Echo, Quentin Joris, s'émeut comme d'autres, d'une autre "triste première", avec la majorité absolue obtenue par Forza Ninove dans la commune de Flandre orientale, une liste d'extrême droite emmenée par le Vlaams Belang Guy D'haeseleer. "Un symbole fort que les extrémistes ne manqueront pas d'exploiter", prédit-il.
Un phénomène inquiète: la chute de la participation
Au nord du pays aussi, un autre phénomène suscite la consternation, pointe encore l'éditorialiste de La Libre Belgique: la fin de l'obligation de vote aux communales et une chute brutale de la participation. "C'est un fait politique majeur qui démontre aussi la lassitude des citoyens belges à l'égard de la politique".
Dans L'Avenir, Albert Jallet constate d'ailleurs aussi "un sfumato de plus en plus présent dans le tableau politique. Celui dessiné par les absentéistes, celles et ceux qui ne prennent plus la peine d'aller voter, et des abstentionnistes, celles et ceux qui glissent un bulletin blanc ou nul". "Quand un cinquième des citoyens prend ce parti, cela ne peut qu'interpeller. Une frange de la population devient ainsi invisible. Soit une démocratie moins représentative".
Rodolphe Magis, dans Sudinfo, fustige, lui, les bugs lors du scrutin en Wallonie et s'interroge: "Comment se fait-il qu'en 2024, une Région membre d'un pays sophistiqué, au cœur de l'Europe, soit incapable d'organiser une élection avec les moyens modernes de son époque?"
