Exclusion du bureau du Parlement bruxellois, perte d'un collaborateur: pour Défi, le départ de Ludivine de Magnanville au MR a de lourdes conséquences
Elue députée bruxelloise le 9 juin sous bannière Défi, Ludivine de Magnanville a annoncé son départ pour le MR cette semaine.

- Publié le 06-09-2024 à 06h32
- Mis à jour le 06-09-2024 à 10h32

Le transfert, annoncé lundi, a surpris par son caractère précipité. Trois mois à peine après avoir été élue députée bruxelloise sous bannière Défi, Ludivine de Magnanville a rejoint le MR.
L'ex-présidente de la Fédération Horeca Bruxelles n'avait rejoint l'ex FDF qu'en janvier 2024, en tant que lapin blanc. Elle s'était directement vue placée à une très enviable 4e place de la liste régionale. Malgré un score électoral décevant (1 515 voix), Ludivine de Magnanville avait décroché un siège de députée bruxelloise grâce au pot, via l'effet dévolutif de la case de tête.
Son départ entraîne tout une série de conséquences. La première est majeure : l'axe MR-PS-Engagés, qui souhaite former une majorité bruxelloise côté francophone, dispose grâce à son renfort d'une majorité absolue au sein du Parlement bruxellois (45 sièges sur 89). De quoi permettre en théorie à ces trois partis francophones, comme sur le dossier de la zone de basse émission (LEZ), de passer en force sans l'accord des partis néerlandophones sur toute une série de dossiers.
Pour Défi aussi, la perte de l'un de ses 6 députés bruxellois a des répercussions très concrètes, en termes d'influence.
"Selon le calcul de la clé D'Hondt, lors du prochain bureau, à partir de la rentrée parlementaire, Défi perdra son siège au sein du bureau du Parlement bruxellois, au profit du PS, qui en récupérera un troisième", nous confirme Hugues Timmermans, greffier du Parlement bruxellois.
Le bureau du Parlement bruxellois, composé de 15 députés, est l'organe de gestion, et est chargé de prendre les grandes décisions qui concernent l'assemblée parlementaire.
"Cette perte n'est pas anecdotique"
"Cette perte n'est pas anecdotique, puisque Défi disposait encore de deux membres au sein du bureau, sous la précédente législature", souligne Joëlle Maison (Défi), députée bruxelloise, qui va donc devoir quitter le bureau. "C'est très important pour un parti d'y avoir un représentant. Le bureau, c'est un peu le conseil d'administration du Parlement et ses entrailles. C'est là que se décident les marchés publics, la gestion du personnel, les travaux etc."
Pour Joëlle Maison, ce départ aura des conséquences financières, puisque cette fonction spéciale est rémunérée. "Mais avec le départ de Ludivine de Magnanville, nous perdons surtout un collaborateur au sein du groupe parlementaire. Vu notre situation financière, c'est une perte significative", reprend Joëlle Maison.
La défaite électorale laisse en effet le parti exsangue financièrement. La grande majorité des collaborateurs a dû être remerciée et le siège historique de Saint-Gilles devra probablement être vendu.
"Il y a un opportunisme qui vise à trahir les électeurs qui ont voté pour Ludivine de Magnanville parce qu'elle défendait le programme de DéFi et non celui du MR", a réagi mardi Sophie Rohonyi, présidente de Défi, sur LN24, demandant à Ludivine de Magnanville "par décence et éthique de restituer son mandat au parti Défi."
La demande a tout du vœu pieux.
Défi échappe au pire...
À un siège près, Défi échappe toutefois encore au pire. Car en conservant cinq députés bruxellois, le parti peut rester un groupe politique, ce qui lui permet de continuer à un siège au sein du bureau élargi.
Cet organe regroupe les 15 membres du bureau, plus les chefs de groupe, et dispose d'une grande influence politique, en fixant notamment les ordres du jour du Parlement.
Défi n'a plus qu'à espérer, durant le 5 années à venir, que ses cinq députés lui restent fidèles...