Plus de neuf universitaires sur dix trouveront un emploi en sortant de formation

- Publié le 31-01-2019 à 06h47
- Mis à jour le 31-01-2019 à 14h30

Les universités veillent de plus en plus rigoureusement à l'insertion socioprofessionnelle de leurs diplômés. La question est toujours prise avec une certaine pudeur : l'université n'a jamais eu pour vocation de s'adapter pleinement aux attentes du marché. Depuis dix ans cependant, les rectorats observent avec une attention de plus en plus particulière l'insertion socioprofessionnelle de leurs diplômés.
À l'UCLouvain, une large enquête y sera désormais consacrée tous les deux ans auprès des diplômés d'un master ou d'un doctorat. Et, en la matière, les résultats louvanistes sont bons, se félicitent les professeurs Thierry Zintz et Jean-Marc Braibant, qui ont respectivement coordonné et réalisé l'enquête.
Le quasi plein-emploi
"Cinq ans après avoir quitté l'université, 97 % des diplômés de 2012 ont trouvé un emploi. Nous sommes donc quasi au plein-emploi. Et pour 68 % d'entre eux il s'agissait d'un CDI, alors que 13 % étaient indépendants. De plus, 90 % des 1 300 étudiants qui ont répondu à l'enquête se disent satisfaits de leur situation professionnelle. 83 % considèrent également que leur fonction exercée correspond à leur niveau de formation", expliquent-ils.
"Si l'on se penche sur une autre enquête, consacrée aux diplômés de 2016, on observe que 92 % d'entre eux ont obtenu un emploi (ou un stage) rémunéré dans les 18 mois après leur diplomation", poursuit Jean-Marc Braibant qui note que les taux de satisfaction quant à l'emploi obtenu sont plus ou moins identiques.
Si neuf étudiants sur dix se disent également satisfaits de la formation reçue à l'université, Jean-Marc Braibant observe encore "qu'une proportion non négligeable des diplômés souhaite que l'on améliore la formation en langues", et principalement en anglais et en néerlandais.
L'université, par contre, ne communique pas sur les différences entre filières. Mais aucune faculté n'a un taux d'insertion plus faible que 83 %, assure Jean-Marc Braibant. Et si les ingénieurs civils seront tous certains d'obtenir un emploi (à l'instar de nombreux scientifiques), c'est aussi le cas des doctorants.
De nouvelles pédagogie
Ces enquêtes permettent également aux universités d'affiner leur offre et leur pédagogie. "Nous observons à travers ces enquêtes que les étudiants ont comme premier souhait celui d'acquérir des compétences transversales qui leur permettront de s'adapter et de se former tout au long de leur carrière, explique Thierry Zintz. Du coup, en matière de pédagogie, on privilégie de plus en plus des méthodes de cours interactives. Ce sont de nouvelles méthodes qui visent toujours un savoir, la maîtrise d'une discipline, mais qui utilisent davantage ces compétences transversales" que sont par exemple l'esprit critique, la méthodologie de recherche ou d'analyse.
Et ailleurs: des taux équivalents dans les différentes universités
En Belgique. Si l'on se penche sur les résultats globaux du taux d'insertion en Belgique des diplômés des universités et des hautes écoles, on constate qu'il était de 89 % en 2017, alors qu'il était à 84 % en 2014 selon Eurostat.
À Liège. L'ULiège calcule ses taux depuis 2010, explique Fabienne Michel, responsable de la cellule Radius qui collecte les données. Après un an, 90 % des diplômés ont obtenu un emploi. "Ici comme ailleurs, les étudiants ne doivent pas tellement s'inquiéter pour leur emploi, plutôt pour réussir", sourit-elle.
À l'ULB. À l'ULB les taux sont équivalents à ceux des autres universités (mais les méthodologies étant légèrement différentes entre universités il serait malvenu d'établir des classements les comparant). En 2018, 86,5 % des diplômés de 2016 étaient en emploi ; 9,6 % en formation. 72 % des personnes en emploi ont mentionné être salariées et 16,3 % indiquent travailler sous le statut d'indépendants, communique l'université. Leur rémunération moyenne se situe entre 1 500 et 1 999 euros par mois. Neuf sur dix se disent satisfaites de leur formation.