L'Ecam souhaite rejoindre l'Ichec : "Tout le paysage des hautes écoles serait bouleversé"
Si le rapprochement se concrétise entre les deux établissements, c'est l'ensemble du paysage des hautes écoles qui pourrait être modifié.

- Publié le 14-09-2018 à 21h02
- Mis à jour le 14-09-2018 à 21h41
Si le rapprochement se concrétise entre les deux établissements, c'est l'ensemble du paysage des hautes écoles qui pourrait être modifié. Et si les derniers mois de la législature politique s'annonçaient décisifs pour l'enseignement supérieur en Communauté française ? Alors que le ministre de tutelle, le socialiste Jean-Claude Marcourt, ne devait "plus que" boucler quelques dossiers d'ici les élections du mois de mai, dont la future formation initiale des enseignants, voici que de nouveaux chantiers s'invitent sur son bureau.
Ce vendredi, La Libre apprenait en effet que l'Ecam, la haute école bruxelloise qui forme des ingénieurs industriels, avait adressé une demande au CA de la haute école Léonard De Vinci qui l'héberge actuellement pour la quitter et rejoindre l'Ichec-ESSF dès septembre 2019. Ce souhait de rapprochement, qualifié " de raison " par beaucoup d'observateurs, ne vient pas de nulle part. L'Ecam et l'Ichec (qui forme quant à elle des étudiants au management) ont déjà engagé plusieurs partenariats, dont un master commun. De plus, ces deux établissements, reconnus dans l'enseignement de leurs matières respectives, s'en trouveraient objectivement fortifiés.
Si ce souhait a donc du sens en tant que tel, il n'est pas à considérer de manière isolée. Derrière lui se cachent deux autres dossiers : la fusion entre l'UCL et l'Université Saint-Louis et une possible redéfinition du paysage que forment actuellement les hautes écoles francophones.
Vers un bouleversement du paysage des hautes écoles
Cela fait deux ans que l'UCL et Saint-Louis ont annoncé leur intention de fusionner. Mais si les mois passent, le décret indispensable pour officialiser cette union n'arrive pas. Il est hors de question pour le ministre Marcourt de l'accepter sans que l'ULB, qui redoute le renforcement de l'UCL, n'ait obtenu des compensations. Et parmi ces compensations se trouve la possibilité pour l'université laïque d'accueillir auprès d'elle l'Ihecs, école réputée de journalisme. S'il n'est pas spécialement question de fusion entre les deux établissements, des discussions ont repris en cette rentrée pour imaginer un rapprochement qui serait d'autant plus symbolique que l'Ihecs est issu du pilier catholique. Au sein du gouvernement francophone, ces dossiers font régulièrement l'objet de discussions et de possibles "marchandages" entre le PS et le CDH. L'arrivée d'un troisième dossier, celui de l'Ecam, permet d'ouvrir les perspectives et de nouvelles pistes de solution.
Mais ce souhait de l'Ecam souligne aussi une autre tendance : celle des hautes écoles qui dispensent une formation de type long (en cinq ans) de se réunir entre elles ou de se rapprocher des universités. Aujourd'hui régulièrement adossées à des hautes écoles de type court (en trois ans), les "type long" sont mal à l'aise. Leurs obligations (en termes de recherche par exemple) s'apparentent davantage à celles des universités. " L'Ecam souligne cette tendance. Ce dossier pourrait lancer un effet domino, car si l'Ecam et l'Ihecs, ces importants établissements, changent de giron, c'est tout le paysage des hautes écoles qui sera bouleversé. Je pense d'ailleurs que les types longs et courts seront de plus en plus dissociés ", note un observateur.