La crise des œufs contaminés touche désormais 17 pays... dont Hong Kong (INFOGRAPHIE)
- Publié le 13-08-2017 à 17h23

La Commission veut les réunir en septembre. La Haye continue à se défendre.Vendredi, on a appris, au moins, deux choses s'agissant du dossier de la contamination d'œufs par l'insecticide fipronil.
Primo, les commissions de l'économie et de l'agriculture ainsi que de la santé publique et de l'environnement de la Chambre se réuniront jeudi prochain pour évoquer la crise et décider de la suite à donner à leurs travaux. Les commissaires décideront également d'entendre ou non l'ancien ministre fédéral de l'Agriculture, Willy Borsus (MR) - devenu entre-temps ministre-Président wallon.
La Commission va réunir les pays touchés
Secundo : ce sont désormais 15 pays de l'Union européenne ainsi que la Suisse et Hong Kong, tous deux membres du système d'alerte rapide de protection du consommateur, qui sont touchés. C'est ce qu'a annoncé, vendredi, le porte-parole de la Commission européenne pour l'Agriculture, Daniel Rosario.
Belgique, Pays-Bas, Allemagne et France sont concernés par le blocage d'exploitations avicoles et 11 autres Etats membres ont reçu des produits contaminés venant des pays précités.
La Commission européenne va convoquer les pays de l'UE touchés dès que l'ensemble des faits sera établi. C'est ce qu'a annoncé le commissaire à la Santé Vytenis Andriukaitis. Le porte-parole a parlé du 26 septembre.
Concernant une éventuelle activation d'une aide aux agriculteurs, il a précisé que la situation était d'abord traitée en tant que "question sanitaire", et qu'il fallait en "évaluer l'étendue et l'impact sur le marché". "A partir de là, des suites pourront être envisagées." La Commission n'est pas encore en mesure de chiffrer l'impact que cette crise aura sur les échanges commerciaux entre l'UE et les pays non membres.
Tensions persistantes
De la réunion évoquée plus haut, le commissaire Andriukaitis dit avoir déjà discuté avec les ministres allemand, belge et néerlandais.
"Nous devons examiner en détail ce qui s'est passé. Nous avons besoin d'une analyse complète de ce cas, a expliqué le commissaire. Nous avons un bon système, et les standards alimentaires les plus élevés dans le monde. Nous devons travailler ensemble pour tirer les leçons nécessaires et avancer plutôt que perdre de l'énergie à désigner des coupables", a-t-il précisé. Il faisait allusion aux tensions apparues entre Etats membres. Denis Ducarme, le ministre belge de l'Agriculture (MR), a accusé les Pays-Bas de ne pas avoir prévenu ses voisins après avoir été alerté, dès novembre 2016, d'une possible utilisation frauduleuse de fipronil dans la désinfection de poulaillers.
La Haye a réfuté toute accusation de négligence. Jeudi soir, le secrétaire d'Etat néerlandais aux Affaires économiques, Martijn van Dam, a dit avoir exprimé son "mécontentement" à M. Ducarme. Il a affirmé que celui-ci avait mal informé son Parlement mercredi, tout en ajoutant que les deux hommes avaient convenu de ce qu'ils allaient faire à l'avenir.
Pourtant, la ministre néerlandaise de la Santé, Edith Schippers, a reconnu que "des erreurs" avaient été commises dans la gestion du dossier, réfutant toutefois toute accusation de négligence. "Nous étions au courant d'un signalement de la présence de fipronil dans un élevage de poules pondeuses en novembre 2016 mais il n'y avait aucune indication que du fipronil s'était retrouvé dans les œufs", a-t-elle scandé.
Pendant ce temps, le ministre français de l'Agriculture annonçait que plus de 200 000 œufs contaminés, importés de Belgique et des Pays-Bas, ont été "mis sur le marché" en France depuis avril, tout en assurant que "le risque pour la santé humaine est faible".
