Les nouvelles habitudes de déplacement mieux encadrées

Patrick Dath-Delcambe
Les nouvelles habitudes de déplacement mieux encadrées
©montage LLB

De nombreux utilisateurs l'ignorent encore : ils doivent être assurés.Les nouveaux engins de déplacement comme les monoroues ou encore les trottinettes électriques sont de plus en plus nombreux sur nos routes.

Et ils le seront sans doute davantage à l'avenir, même si tous les usagers n'apprécient pas de côtoyer ce qu'ils considèrent être un gadget : 40 % des Belges aimeraient qu'ils soient interdits, selon une enquête de l'Institut belge de la sécurité routière (IBSR).

Ne leur en déplaise, ces engins ont tout à fait le droit d'être sur la route. "C'est légal", souligne Jean-François Gaillet, Directeur du Département innovation de l'IBSR.

Même pour le monoroue, à la suite d'une modification de la législation intervenue l'année dernière, rappelle le ministre de la Mobilité François Bellot.

Les conducteurs de ces engins sont toutefois rarement conscients des obligations qui leur incombent, notamment en matière d'assurances.

"I ls doivent être assurés, c'est-à-dire disposer d'une assurance RC qui couvre leur responsabilité civile en cas de dommages causés à un tiers", explique Lode Descamps, Directeur chez AG Insurance.

"En principe, la RC Familiale les couvre jusqu'à 18 km/h; au-delà de ce seuil, ils doivent souscrire une RC de type auto", poursuit-il.

Afin d'éviter que ses clients n'y perdent leur latin, AG Insurance couvre désormais via l'assurance familiale tous ces engins pouvant rouler jusqu'à… 45km/h (un nouveau modèle a par exemple une vitesse de pointe de 50 km/h).

Mais voilà, bien peu de ces conducteurs en ont conscience : un usager sur 2 ignore qu'il a besoin d'une telle assurance, selon cette même étude de l'IBSR. "Même au niveau des revendeurs, il y a une méconnaissance sur ce point", souligne encore Jean-François Gaillet.

Or, l'utilisation de ces engins est assez intensive et se déroule essentiellement dans le cadre d'un déplacement domicile-travail (dans 2/3 des cas).

L'usager moyen parcourt chaque semaine entre 50 et 90 kilomètres, selon cette enquête de l'IBSR. De quoi multiplier les risques de plantage mais aussi d'accidents avec des tiers.

Unifier les règles

L'IBSR plaide en tout cas pour unifier les règles concernant ces nouveaux engins de déplacement et les vélos électriques, tous promis à un bel avenir en tant que "nouvelles solutions de mobilité" pour François Bellot.

Le ministre de la Mobilité compte d'ailleurs réunir prochainement un groupe de travail chargé de se pencher, notamment, sur la définition de catégories en fonction de la vitesse de l'appareil ou encore de déterminer un cadre précis pour les obligations d'assurances, comme tel est le cas pour les vélos électriques depuis quelques mois.

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