Robert, le père du conducteur décédé: "J'en veux à la SNCB et je porte plainte"
Marc De Geyter, 47 ans, était le chauffeur du train qui est entré en collision avec le train de marchandises à Saint-Georges
- Publié le 07-06-2016 à 06h30
- Mis à jour le 07-06-2016 à 07h18

Robert De Geyter, père de Marc, est bien décidé à porter plainte contre la SNCB. La douleur d'un père ou d'une mère qui perd de façon brutale l'un de ses enfants, dépasse l'entendement. Malgré cela, Robert De Geyter, 69 ans, a accepté de nous parler de son fils unique, Marc. Marc De Geyter, 47 ans, était le chauffeur du train qui est entré en collision avec le train de marchandises à Saint-Georges. Il est décédé.
"Mon fils n'était jamais aussi heureux que dans son train. Il est entré à la SNCB voici 10 ans. Avant, il était le chauffeur d'un ministre. Depuis qu'il était dans son train, je l'ai vu métamorphosé. Il aimait son travail, il ne faisait jamais grève", explique Robert qui reproche à la SNCB de ne même pas lui avoir téléphoné pour l'avertir du décès de son fils.
La triste nouvelle , il l'a apprise lundi matin, à 7h, en allumant la radio. "Quand on a annoncé les trois tués, j'ai eu comme un pressentiment,.. Ensuite, la police de Bruxelles (Robert habite la capitale, NdlR) est venue me dire que mon fils était décédé."
Accablé par le chagrin, cet antiquaire bruxellois veut désormais que l'on trouve un responsable et il est bien décidé à demander des comptes à la SNCB. "La SNCB traite son personnel comme du bétail. Voici 20 ans qu'elle doit investir dans sa sécurité. Il est incroyable de se dire qu'il y a déjà eu un accident à cet endroit en 2008 et que l'on n'a rien fait. J'ai décidé de me porter partie civile dans cette affaire et de porter plainte contre la SNCB. Quand on pense que pour la catastrophe de Buizingen, on ne connaît pas encore le responsable… Moi, je le trouverai le responsable. Je n'ai plus rien à perdre !", prévient Robert.
De son fils, il dresse le portrait d'un homme entièrement accaparé par son travail et sa famille. "Il ne buvait pas, il ne se droguait pas. Les seules choses qui l'interéssaient : son train, sa compagne et ses enfants".
Marc De Geyter qui vivait à Houtain-Saint-Siméon (Oupeye) en région liégeoise, avait également une autre activité qu'il pratiquait en famille, notamment avec sa compagne: la moto. Il était membre d'un club de propriétaires de Harley Davidson de la région liégeoise. "Je lui avais transmis ma passion des Harley Davidson. C'était un passionné de moto, mais un motard responsable. On devait partir ensemble, trois jours, pour faire le tour de la Petite Suisse du Luxembourg, le Mullerthal. Mais tout ça n'a plus d'importance", conclut Robert.
