Un médecin présent sur les lieux l'accident témoigne
Un médecin secouriste qui a coordonné les secours sur les lieux de l'accident de car des élèves d'Heverlee et Lommel témoigne.
- Publié le 14-03-2012 à 15h10

Vous avez été très choqué…
" oui c'est le mot, effectivement, c'était extrêmement dur, non pas sur le plan opérationnel mais surtout sur le plan de la gestion des émotions et des aspects extrêmement dramatiques et tragiques de ces enfants blessés, mutilés et malheureusement décédés…. La 1ère urgence c'était de pouvoir accéder aux enfants, aux adultes qui étaient à l'intérieur du car, il fallait désincarcérer les amas de taules et de ferrailles, c'était ça la 1ère difficulté avant de pouvoir travailler comme intervenant sanitaire…"
Une opération très complexe ?
" Absolument et tous nos intervenants étaient traumatisés par cette intervention… "
Dans un tunnel c'est déjà arrivé ?
" Non on a eu quelquefois des accidents avec des autocars, heureusement jamais à l'intérieur d'un tunnel en tout cas pour ce qui concerne notre canton. Par contre jamais avec des enfants et jamais avec un nombre aussi élevé d'enfants blessés ou décédés."
Le choc a été d'une violence inouïe ?
" Oui absolument… l'autocar devait rouler assez vite probablement "
Trop vite à votre avis ?
"On ne sait pas, on ne connait pas les circonstances…"
On peut imaginer que l'autocar a percuté le mur en béton à 80-90 km/h ?
"C'est probable compte tenu de la déformation du véhicule, ça s'est pas fait à 15 à l'heure, ça s'est sûr "
Les enfants étaient attachés ?
" Oui ils étaient attachés, oui oui, malgré ça effectivement ils n'ont pas malheureusement été épargnés… certains sont effectivement gravement atteints… "
La Suisse est sous le choc aussi…
" On peut le comprendre, ce sont des enfants qui sont venus passer quelques jours en vacances de neige chez nous… c'est dramatique pour tout le monde, l'ensemble du canton et même le pays…."
On sort indemne de ça ?
" je crois que l'on ne sort jamais tout à fait indemne mais comme on dit souvent les grandes douleurs sont muettes… mais on essaye de pouvoir verbaliser… pour faire en sorte que chacun puisse mettre des mots autour de ses émotions pour éviter que ça reste en dedans de soi et pouvoir partager ces choses, c'est extrêmement important…"
