"On a toujours espéré cette analyse"
L'annonce, vendredi dans ces colonnes, que 885 cheveux prélevés en 1996 dans la maison de Marcinelle où Marc Dutroux avait séquestré et laissé mourir des enfants seront finalement analysés, a suscité des réactions.
- Publié le 10-01-2009 à 00h00

L'annonce, vendredi dans ces colonnes, que 885 cheveux prélevés en 1996 dans la maison de Marcinelle où Marc Dutroux avait séquestré et laissé mourir des enfants seront finalement analysés, a suscité des réactions. On retiendra celle de Jean-Denis Lejeune, dont la fille Julie était morte avec son amie Mélissa dans la plus grande horreur. Espère-t-il encore quelque chose de l'enquête, avec les nouvelles analyses qui se dessinent ? "Mais bien sûr ! On a toujours espéré quelque chose de cette analyse de cheveux ! Mais je voudrais quand même signaler qu'il est à mon sens aberrant de devoir constater qu'ils ont été prélevés en 1996 et qu'il aura fallu attendre 12,5 ans pour que cette décision arrive, finalement. D 'autant que le procureur Bourlet l'avait demandée d'emblée, même si le juge Langlois trouvait cela inutile."
Et pense-t-il toujours qu'il y aurait éventuellement d'autres auteurs, qu'on puisse avancer vers eux grâce à ça ? "Il y avait, en tout cas, énormément de cheveux dans cette cache, des cheveux étrangers aux personnes qui sont connues dans le dossier. Et je trouve qu'il est intéressant d'avoir les ADN, de les comparer et de voir si, éventuellement, il y aurait des ramifications ou pas."
Il souhaite aussi rappeler que, "au procès d'Arlon et sur ce sujet-là, rien n'a été établi" , ce qui est exact. Et normal, puisque précisément le dossier principal, jugé aux assises d'Arlon, et le "dossier bis", avec les cheveux, avaient été scindés lors du règlement de procédure, après certes que la chambre des mises en accusation de Liège eut ordonné, bien que cela soit alors resté lettre morte, cette analyse des cheveux, en octobre 2000.
Procédure
"J'en tire, parmi d'autres, la conclusion que, dans ce genre d'enquête, il serait bon de ne pas avoir un seul juge d'instruction, tout simplement pour ne pas se baser sur l'avis d'une seule personne. C'est toujours mieux de partager ses expériences", précise-t-il encore.
Quant à Me Xavier Magnée, resté le conseil de Dutroux, il nous a dit vendredi n'avoir pas déjà de commentaires à faire sur le sujet (et pas davantage, à ce stade, sur l'avenir de la maison de Marcinelle; lire aussi ci-contre).
Enfin, on note que la procédure, en ce qui concerne les cheveux, n'a rien de complexe. "Nous allons tout simplement demander au parquet de Neufchâteau de refaire des réquisitions au juge d'instruction Langlois afin qu'il prescrive l'analyse des cheveux" , nous explique le procureur général de Liège, Cédric Visart de Bocarmé (le travail étant sans doute confié à l'Institut national de criminalistique et de criminologie, ou INCC). "Et alors, de deux choses l'une : ou bien M. Langlois les fait, et je pense que ce sera le cas et alors il n'y a pas de souci, ou il refuse de la faire, pour une raison que je n'identifie pas, et alors on interjettera appel et c'est de nouveau la chambre des mises qui interviendra" , complète M. Visart. Laquelle chambre irait sans doute dans le même sens qu'elle a déjà indiqué par le passé.
