Van Cau souvent éclaboussé, jamais inquiété...
C'est une constante, depuis le début des "affaires" à Charleroi, à l'automne 2005 : le nom de Jean-Claude Van Cauwenberghe est apparu dans une série de dossiers qui ont eu des retentissements politico-judiciaires. Edito: Van Cau, tourner la page, vite!
- Publié le 12-06-2008 à 00h00

Éclairage
C'est une constante, depuis le début des "affaires" à Charleroi, à l'automne 2005 : le nom de Jean-Claude Van Cauwenberghe est apparu dans une série de dossiers qui ont eu des retentissements politico-judiciaires. Mais si certains des noms cités ont donné lieu à des inculpations, aucun des intéressés n'a encore été jugé. Et de son côté, Jean-Claude Van Cauwenberghe n'a pas été inquiété sur le plan judiciaire. D'ailleurs, officiellement du moins, jamais il n'avait été entendu par des enquêteurs dans aucun de ces dossiers. Revue en détail.
1 Le financier Wagner et l'aéropôle. Au début des années nonante, l'intercommunale de développement économique Igretec a un important projet d'aménagement de cent hectares de terrains voisins de l'aéroport de Charleroi. La réussite est totale et l'aéropôle offre le visage d'un Charleroi tourné vers l'avenir. Ce qui a posé question, c'est le "flair" de l'ex-transporteur Wagner, transformé en financier averti, et qu'on savait proche de Jean-Claude Van Cauwenberghe, alors président d'Igretec. Il a acheté juste avant la plus-value immobilière remarquable. Aucune suite judiciaire
2 Le financier Robert Wagner et "City Nord". C'est une bande de terrain, le long de la Nationale 5. Au départ, le plan de secteur lui prévoit des fins industrielles. Robert Wagner achète peu à peu cette zone, qui bénéficie, dans des délais particulièrement rapides, d'une modification du plan de secteur. On y implante une série de petites et moyennes surfaces avec pour l'ensemble une confortable plus-value. Quels appuis ont-ils été nécessaires, via l'autorisation donnée par la ville de Charleroi ? Comment Van Cau a-t-il aidé ce dossier à progresser ? "En mettant son petit poids dans la balance", a-t-il reconnu à l'époque. Aucune suite judiciaire.
3 Le financier Wagner et la villa des Issambres. En 1993, Jean-Claude Van Cauwenberghe achète à la Côte d'Azur une villa qui a coûté à l'époque l'équivalent de 6 600 000 francs belges. Un "bon" prix, a-t-on dit alors. Le vendeur était un des fondateurs du groupe Wagner. Aucune suite judiciaire.
4 Le financier Wagner et les subventions wallonnes. Robert Wagner a été inculpé en mai 2006 de faux et usage de faux, infraction à l'arrêté royal relatif à l'octroi de subventions, et corruption active. Il s'agissait de subventions de 855 000 € pour "Charleroi Découpe". Les emplois annoncés n'ont pas été créés, mais il n'a pas restitué ces subventions. Un haut fonctionnaire de la Région wallonne a également été inculpé. Robert Wagner vient d'être renvoyé en correctionnelle dans ce dossier.
5 L'affaire Immo-Congo. En juin 2006, une information est ouverte à propos du choix de l'immeuble abritant la représentation Wallonie-Bruxelles, à Kinshasa. Après accord avec une société immobilière, ICI, le contrat va pourtant à la société "Immo-Congo", basée à Gosselies. Parmi les responsables de cette firme fraîchement créée se trouve Daniel Lebrun, jadis expert de la Région wallonne à la demande de Jean-Claude Van Cauwenberghe qui l'avait notamment chargé d'examiner un montage financier relatif au club de football du Sporting de Charleroi. De plus, le montant élevé du bail paraît plus intéressant pour la société que pour la Région et la Communauté. A qui cela a-t-il profité ? Aucune suite judiciaire.
6 Le fonds de pension de l'ISPPC. L'affaire est née il y a un an. L'intercommunale de Santé publique du Pays de Charleroi avait choisi en 2000 la Smap devenue Ethias pour gérer ce fonds de 35 millions d'euros. On est ensuite venu proposer à l'ISPPC de faire entrer en jeu l'IFCA, (Institut de Cambisme et de Finance internationale), une société de courtage présidée par Raymond Thibeau, expert financier auprès de la Région wallonne dont Jean-Claude Van Cauwenberghe était alors ministre-Président : c'est avec lui qu'a été lancé le fameux emprunt Wall 21. L'autre administrateur était Daniel Wauthelet. L'IFCA a perçu en commission trois primes, chacune d'un montant de 525 000 €, pour avoir versé ces 35 millions dans une banque parisienne. Cela, alors qu'elle recevait une autre commission de la part de l'ISPPC. Suite judiciaire : Daniel Wauthelet et Raymond Thibeau ont été inculpés.
