Des mains olympiennes aux bras de Morphée

- Publié le 27-07-2021 à 21h14
- Mis à jour le 27-07-2021 à 21h12
Il y a plusieurs façons de consommer ces Jeux olympiques de Tokyo. Et celle du vrai passionné mérite assurément une médaille. À la façon d'un insomniaque chronique, il s'est mis d'entrée à l'heure japonaise et ne manque pas une miette du festin. Certes, cela l'oblige à vivre en décalage - horaire et familial - et à collectionner les nuits courtes ou blanches. Mais c'est le prix à payer pour ne pas rater le moindre ippon sur le tatami ou le moindre dunk sur le parquet. Oui, suivre les Jeux devant le petit écran, avec la lune pour seul témoin et quelques sushis pour garnir l'assiette, dégage un parfum déroutant, surtout lorsque la compétition n'est pas spécialement attirante. L'expérience mérite, en tout cas, d'être tentée. À trois heures du matin, le match de badminton entre une Chinoise et une Thaïlandaise, le duel d'escrime entre deux épéistes masqués ou le slalom de kayak tant attendu depuis la fin du premier confinement ne peuvent laisser indifférent le téléspectateur noctambule et motivé, élevé dans le sérail de la mire ou des rediffusions des aventures de l'inspecteur Derrick. Bon, d'accord, il n'est pas impossible qu'à un moment ou l'autre, une petite crise de bâillements le transfère subtilement des mains olympiennes aux bras de Morphée. Mais, avec un bon café serré, le réveil à cinq heures du mat' - vive les frissons - n'en sera que plus enivrant. D'autant qu'à ce moment, la matinée ne fait que commencer…
