Le prix de l'immobilier risque encore d'augmenter en province de Liège

Économie On parle de quelques pourcents, sur une période relativement courte.

Matthias Sintzen

Les récentes inondations en province de Liège privent des milliers de personnes de logement. Actuellement relogées dans leur famille, dans des centres ou dans des hôtels, elles ne pourront pas y rester éternellement et une solution devra être trouvée.

Alors que l'offre de vente immobilière était déjà relativement faible, avec des prix de plus en plus hauts, la tendance risque bien de s'accélérer, à certains endroits bien définis. "Dans les vallées, il y aura plus que probablement un impact négatif dans l'immédiat car il faut tout remettre en état et l'attrait va diminuer. Mais les gens devraient rapidement retrouver l'intérêt d'habiter au bord de l'eau. Je ne pense donc pas qu'il y aura des conséquences sur le moyen et le long terme dans les vallées", explique Christian Bovy, notaire à Comblain-au-Pont.

"Le marché immobilier était à la hausse avant les inondations et devrait continuer à l'être, ailleurs que dans les zones sinistrées. En début de semaine dernière, les amateurs potentiels ont montré moins d'intérêt car ils avaient d'autres tracas et étaient un peu sous le choc. Mais la demande est à nouveau présente."

Si les habitations situées au bord de l'eau attirent moins, il faudra trouver des solutions ailleurs. De quoi faire flamber les prix ? "Je pense que l'impact sera surtout marqué au niveau du marché locatif", répond Christian Bovy.

Une offre trop peu importante

Au niveau des ventes, la situation se corse un peu plus. "L'offre était déjà insuffisante pour satisfaire la demande avant les inondations. Il pourrait donc y avoir une petite augmentation des prix dans les zones non sinistrées. Ces derniers mois, les prix ont augmenté de 25 à 30 % au sud de la province de Liège et au nord de celle du Luxembourg. En moyenne, on parle d'une augmentation moyenne de 5 à 10 % sur les douze derniers mois. Il faut peut-être s'attendre à une augmentation persistante à la rentrée de septembre. Le marché va être dérivé et va se rediriger vers certains endroits qui ne sont pas à risque."

La question des crédits

D'autres paramètres sont également à prendre en compte. "Les personnes touchées par les inondations avaient, comme d'autres, parfois peu de moyens. Pour elles, le marché était déjà assez compliqué, avec des refus de crédit s'il n'y avait pas de fonds propres. La situation se compliquera sûrement encore un peu. D'ailleurs, on notait déjà un marché immobilier présentant une dualité qui, à mon sens, s'accentuera : d'un côté, les personnes qui avaient les moyens et achetaient à des prix parfois (trop) élevés et, de l'autre, celles qui ne pouvaient pas acheter pour diverses raisons", poursuit le notaire.

"Il reste aussi une grande inconnue : la réaction du secteur bancaire par rapport aux biens vendus en zone inondable. Lorsque l'on regarde historiquement, les phénomènes naturels n'ont pas eu beaucoup d'impact à ce niveau. Mais les critères pour l'octroi d'un crédit vont-ils encore être durcis ? Difficile à dire pour l'instant. D'autre part, la prime d'assurance incendie va sans doute augmenter se nsiblement dans ces zones à risque."

Du court terme

Ces possibles augmentations devraient cependant être temporaires, rassure Christian Bovy. "Les inondations sont un phénomène exceptionnel et le marché de l'immobilier reste émotionnel. Comme lors des tremblements de terre au début des années 1980, tout ne doit pas être remis en cause. L'impact devrait donc se faire sentir à court terme uniquement." Matthias Sintzen

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