Brève
- Publié le 14-07-2021 à 19h25
- Mis à jour le 14-07-2021 à 19h22
Faire l'amalgame entre les dépenses publiques et le PIB, comme l'a fait M. Dedecker, c'est confondre deux réalités macroéconomiques bien distinctes. Le PIB se définit comme "la valeur marchande de tous les biens et services qui sont produits en un an", tandis que les dépenses publiques sont celles de l'ensemble des administrations publiques. En 2020, les dépenses publiques représentaient environ 58 % du PIB.
Si 2,2 % du PIB correspondent bien à 11 milliards d'euros (le PIB actuel avoisine les 500 milliards d'euros, selon le Bureau fédéral au Plan), "il est faux de dire qu'ils concernent le coût de l'immigration", confirme l'une des auteures du rapport de la BNB.
Une erreur de lecture et d'appréciation
Jean-Marie Dedecker confirme pourtant ce coût de l'immigration dans un mail reçu le 7 juillet, en citant à nouveau l'étude de la BNB. Il y précise ses propos en écrivant qu'il représente "10,6171 milliards d'euros de retraites, d'assurance maladie, d'allocations de chômage, etc. Comme indiqué page 34-36 du rapport".
Or, M. Dedecker fait ici une erreur de lecture et d'appréciation des données du rapport de la BNB. Et notamment des pages citées.
En 2016, les ménages d'immigrés de première et deuxième générations perçoivent 106 171 millions d'euros, soit 106,171 milliards d'euros. Dix fois plus que l'affirmation de M. Dedecker. Mais c'est sans compter les recettes (dont les taxes) payées par ces ménages, qui étaient en 2016, de 124 465 millions d'euros, soit 124,465 milliards d'euros. Elles compensent donc largement les dépenses. La balance était alors positive en 2016, de l'ordre de 18 294 millions d'euros.
Le bénéfice de l'immigration
Sans avoir le montant exact de ce coût aujourd'hui, toujours est-il que la démonstration de l'étude de la BNB est sans appel. "Cette augmentation est de 2,2 % pour les dépenses et 3,4 % pour les revenus. […] L'effet net de l'immigration tel que calculé dans le modèle est positif", conclut Myriam Van Nieuwenhuyze de la BNB. Autrement dit, l'immigration rapporte plus qu'elle ne coûte à l'économie belge. Une incidence positive des flux migratoires qui, selon ce modèle théorique, aurait fait progresser le PIB de 3,5 % en cinq ans.
Romane Bonnemé
