À Bruxelles, deux biens sur trois ont un PEB médiocre, et plus de un sur deux en Wallonie

Le jour où les organismes de prêts se permettront d'augmenter le taux de leurs crédits hypothécaires proposés aux nouveaux propriétaires de biens dont le certificat PEB est mauvais, cela fera mal à quasiment deux tiers des demandeurs ! Le parc résidentiel belge est vétuste, on le sait. Et les exigences de la certification PEB sont pointues.

Selon les derniers chiffres de Bruxelles Environnement, basés sur dix ans d'expérience en la matière (2010-2021) et sur quelque 270 000 certifications, seulement 1,20 % des maisons unifamiliales ont obtenu les scores A ou B, équivalents à une consommation énergétique annuelle réglementaire. Elles sont quelque 18 % à bénéficier des notes C et D, considérées comme moyennes, mais plus de 86 % à écoper de médiocres E, F ou G. Dont plus de 50 % pour le seul score G ! Du côté des appartements, c'est un peu mieux avec 6,5 % en A et B, contre de l'ordre de 32 % en C et D, et plus de 61 % en E, F et G. Non parce qu'il y a davantage de neuf dans ce segment, mais parce "que l'essence même d'un appartement est d'être entouré, protégé par d'autres appartements", explique Eric De Keghel, géomètre-expert immobilier et certificateur PEB. "Hormis les unités inscrites en toiture, il n'y a pas de pertes par le haut ou par le bas, voire par les côtés pour peu qu'il y ait des immeubles contigus. Ceci alors qu'une maison mitoyenne subit des pertes sur les façades avant et arrière, en toiture ou au niveau du plancher. Que dire alors des quatre-façades."

Car ce qui intervient dans l'analyse de la performance énergétique des bâtiments, c'est, d'une part, son enveloppe (déperditions au niveau des murs, sols, toiture, châssis, vitrages…) et, d'autre part, les systèmes producteurs d'énergie (chaudières, thermostats, eau chaude sanitaire, canalisations, ventilation…). Preuves à l'appui (factures…), ce qui n'est pas toujours facile à rassembler.

La Wallonie et ses quatre-façades

Le parc wallon n'est peut-être pas aussi âgé que son homologue bruxellois, "mais il est également de piètre performance. Surtout parce qu'il compte davantage d'unifamiliales, dont nombre de quatre-façades", convient Jean-Claude Matagne, attaché qualifié auprès du SPW TLPE, responsable de la certification des bâtiments résidentiels existants. Et de citer quelques chiffres basés sur 624 000 certificats rentrés depuis 2010 : près de 70 % des maisons affichent des scores médiocres (E, G et G) et 26 % des scores faibles (C et D) ; seuls 4,6 % sont aux normes (A et B) ; les appartements, en nombre moins importants en Wallonie et plus récents, font mieux avec 36,7 % en E, F et G, 40,4 % en C et D et… près de 23 % en A et B. "La rénovation du parc n'est pas encore contraignante, poursuit-il, mais pourrait le devenir. Les objectifs climatiques sont moins un gros souci qu'un gros chantier."

Impact sur la valeur des biens

Si les bons ou mauvais scores n'interviennent pas dans les taux des crédits hypothécaires, ils commencent à jouer sur les prix de vente. "C'est nouveau, confirme Eric De Keghel. Il y a encore deux ou trois ans, cela n'intervenait pas. Aujourd'hui, les candidats acquéreurs sont plus attentifs, surtout les expatriés. Et cette préoccupation va enfler. Car, à partir de 2026, ce ne sont pas que les biens à vendre ou à louer qui devront montrer patte blanche, mais tout le parc immobilier. Les frais de rénovation et de mise aux normes seront alors à la charge des nouveaux propriétaires."

C.M.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...