Les indices boursiers alignent les records
Revue boursière Après un étonnant premier semestre, les Bourses repartent de plus belle.
- Publié le 02-07-2021 à 20h26
- Mis à jour le 02-07-2021 à 20h23
Analyse Patrick Van Campenhout Les opérateurs ont eu deux éléments forts à suivre du coin de l'œil cette semaine : l'évolution du nouveau variant du virus dans certaines parties du monde, et le bilan de santé de l'emploi aux États-Unis. Avec au final des analyses contrastées. La première est que le regain de propagation du nouveau variant remet la pression sur des économies comme celle de l'Indonésie, après l'Inde, ce qui est de nature à compromettre encore certaines chaînes d'approvisionnement industrielles, et de ralentir le redémarrage de l'économie mondiale. On l'a vu ces derniers jours, avec des marchés boursiers qui ont évolué de manière asymétrique, l'Asie ralentissant, alors que les indicateurs boursiers américains enregistraient records sur records.
Les créations d'emplois n'inquiètent pas
Des évolutions inquiétantes, excessives ? On peut légitimement se poser cette question, mais ce serait oublier que les liquidités déversées par les autorités pour contrer les effets des périodes de confinement continuent d'atterrir en partie sur les places boursières. Et, si les chiffres de l'emploi publiés vendredi ont montré un bond inattendu des créations de postes à 850 000 unités en juin aux États-Unis, le niveau du chômage reste bien au-dessus de celui qui prévalait avant la crise. Ce qui semble repousser la perspective d'un resserrement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
Une nouvelle race d'investisseurs
Et ce qui soutient encore les marchés boursiers, où sont désormais actifs de nouveaux investisseurs. Ces jeunes gestionnaires bénéficient de cette masse d'argent en circulation, et de perspectives économiques exaltantes. Ces derniers, qui n'ont pas encore connu de grosse vague de correction boursière, sont encouragés à placer une part de leur épargne ou de leurs revenus via des applications pour smartphones, calibrées sur leur envie de dégager de la valeur rapidement. Il y a certes là un risque à terme de conduire les utilisateurs à des excès. Mais force est de constater que ces apps ont un effet réel sur les marchés d'actions, au point que Belfius a lancé la sienne cette semaine, assortie de quelques guides permettant notamment de conduire l'investisseur à privilégier les actifs durables. Pour les banques, il y a surtout là une source de profit à exploiter dans cette période de taux d'intérêt au plancher. Le marché est suffisamment réel pour conduire de nouveaux acteurs vers une croissance époustouflante, à l'image de celle du courtier en ligne américain Robinhood. Fort de près de 18 millions de clients séduits par des coûts de transaction au plancher, il vient de déposer une demande d'introduction en Bourse aux autorités de marché à New York. Elle sera sûrement suivie de près par les aficionados de l'app de courtage.
Didi roule à Wall Street, Nyxoah respire
Autre application, et autre succès, que celui de Didi Chuxing (taxis), concurrent d'Uber, qu'il a d'ailleurs poussé hors de ses terres chinoises. L'action de l'entreprise aux 493 000 utilisateurs annuels est cotée depuis mercredi sur le New York Stock Exchange (NYSE), où sa cotation lui a permis de faire grimper à près de 75 milliards de dollars sa capitalisation boursière. Gros avantage de Didi ? L'entreprise pourrait bien terminer 2021 sur un bénéfice net, là où ses concurrentes Uber ou Lyft sont toujours dans le rouge. Si l'action a freiné vendredi, les investisseurs américains ont répondu à l'offre, comme ils l'ont fait pour le premier jour de cotation de la société belge Nyxoah vendredi sur le Nasdaq, au prix de départ de 30 dollars, soit tout près du dernier cours fait en Bourse de Bruxelles avant suspension. Les promoteurs du spécialiste des dispositifs destinés à lutter contre l'apnée du sommeil… retenaient leur souffle. Mais aux premières heures de cotation Nyxoah prenait près de 7 % sur le Nasdaq.
À la Bourse de Bruxelles, enfin, si l'on a assisté à un tassement au dernier jour du mois et du semestre, les acheteurs sont revenus dès jeudi dans le calme, UCB restant dans leur viseur, renforcée par des acquisitions dans le secteur pharma qui poursuit sa concentration. Depuis le début de l'année, l'action UCB a pris 6 % alors que l'indice Bel 20 a dépassé les 15 % d'avance. Le champion incontesté du semestre au sein de l'indice reste Umicore (+33,62 %), porté par l'avènement des véhicules électriques et le boom de la demande de batteries.
