Le MR veut qu'Ihsane Haouach enlève son voile

Incident ce mardi lors du CA de l'Institut pour l'égalité hommes-femmes.

Le MR reste sur sa ligne, celle de la neutralité exclusive dans les services publics. Au fédéral, la désignation d'Ihsane Haouach, une femme voilée, en tant que commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes symbolise le combat des libéraux francophones contre ce qu'ils estiment être du communautarisme. Mme Haouach, pour rappel, a été nommée à ce poste par la secrétaire d'État Sarah Schlitz (Écolo).

C'est dans ce contexte que Corentin de Salle, le directeur scientifique du Centre Jean Gol (le centre d'études du MR), est intervenu ce mardi après-midi lors du conseil d'administration (CA) de l'Institut. Il y siège en tant qu'administrateur depuis un mois. D'emblée, Corentin de Salle a précisé au nom du MR qu'il avait un réel problème avec le fait qu'elle assiste voilée au CA. Il lui a dit que c'était son droit de se vêtir comme elle l'entendait, mais que, dans le cadre des réunions du conseil d'administration, elle siégeait en tant que représentante du gouvernement et violait ainsi le principe de neutralité. Dès lors, le directeur du Centre Jean Gol lui a demandé de s'abstenir dorénavant de porter un voile quand elle participait au CA ou, si elle ne désirait pas enlever son voile, de s'abstenir de siéger au CA.

"Un acte de provocation"

Long silence en réunion, quelques soupirs… Ishane Haouach est restée calme et a répondu que Corentin de Salle n'avait pas à lui dire comment s'habiller, que le débat avait déjà eu lieu, qu'il avait été tranché, que ce n'était pas le lieu pour débattre de ce point.

Maïté Warland, vice-présidente du CA, est alors intervenue pour s'indigner de la violence de l'attaque et sur le fait que Corentin de Salle agressait une femme. Corentin de Salle a répondu qu'Ishane Haouach n'était pas une victime et qu'elle avait choisi de porter le voile en dépit de sa nomination comme commissaire du gouvernement. Aux yeux de Corentin de Salle, ce comportement était donc en soi "un acte de provocation".

Frédéric Chardon

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...