Quinze mois de prison pour l'ex-président Jacob Zuma
Afrique du Sud Ses stratagèmes pour éviter d'être jugé lui valent une condamnation pour outrage à la justice.
- Publié le 29-06-2021 à 18h27
- Mis à jour le 29-06-2021 à 18h25
L'intouchable ex-président sud-africain Jacob Zuma a finalement été condamné mardi à quinze mois de prison pour outrage à la justice, après de multiples tentatives et stratagèmes pour éviter de témoigner dans le cadre d'enquêtes pour corruption d'État. Jacob Zuma, 79 ans, qui avait affirmé n'avoir aucune crainte d'être arrêté, condamné ou incarcéré, a désormais cinq jours pour se rendre. Dans le cas contraire, la police sera autorisée à venir le chercher à son domicile pour le conduire dans une prison où il commencera à purger sa peine.
"La Cour constitutionnelle n'a pas d'autre choix que de conclure que M. Zuma est coupable d'outrage à la justice", a déclaré la plus haute juridiction du pays. "À la majorité des membres, la Cour ordonne une peine d'emprisonnement sans sursis pour une période" de quinze mois, a déclaré la juge Sisi Khampepe.
L'ex-Président est accusé d'avoir pillé l'argent public pendant ses neuf années au pouvoir (2009-2018). Englué dans les scandales, il avait été poussé à la démission.
Depuis la création en 2018 d'une commission chargée d'enquêter sur la corruption d'État, Zuma, déjà mis en cause dans une quarantaine de témoignages, multiplie les manœuvres pour éviter d'avoir à s'expliquer, empilant les recours ou faisant valoir son droit au silence.
Après une énième convocation à laquelle il ne s'est pas présenté fin février, la commission anti-corruption a réclamé une condamnation à deux ans de prison contre l'ancien chef d'État. L'ex-Président, cette fois-là, avait non seulement ignoré la commission, mais aussi une décision rendue en janvier par la Cour, l'obligeant à comparaître et le privant du droit à garder le silence.
Jacob Zuma n'a témoigné qu'une seule fois devant la commission anti-corruption, en juillet 2019. Il avait rapidement claqué la porte, s'offusquant d'être traité comme un "accusé ". Il doit également répondre de seize chefs d'accusation de fraude, corruption et racket liés à l'achat, en 1999, de matériel militaire auprès de cinq sociétés d'armement européennes, alors qu'il était vice-président. (AFP)
