Roglic, l'ombre plutôt que la lumière

Le Slovène, qui vise la victoire finale, s'est préparé loin de l'attention médiatique.

Eric de Falleur
Roglic, l'ombre plutôt que la lumière
©AFP

Le lézard se serait-il transformé en anguille ? Pointé fin août dernier comme le grandissime favori d'un Tour de France qu'il abordait pour la toute première fois de sa carrière dans la peau d'un prétendant à la victoire finale, Primoz Roglic avait fait dorer ses ambitions sous les rayons de l'été. Après la démonstration collective de son équipe Jumbo-Visma sur un Tour de l'Ain qui avait servi de répétition générale à la Grande Boucle, le Slovène avait déchiré son maillot jaune de leader du Critérium du Dauphiné lors d'une chute sur la dernière étape tracée autour de Megève, heureusement sans trop de gravité. Une volonté affirmée de bander les muscles dans laquelle il fallait sans doute lire l'amorce d'un bras de fer mental avec le bloc Ineos que les stratèges bataves érigeaient alors en principale entrave dans la conquête de leur objectif numéro un de la saison : la plus haute marche du podium sur les Champs-Élysées.

Grande prêtresse des 19 premières étapes du Tour, l'équipe managée par Richard Plugge s'était ensuite pris les pieds dans le tapis rouge menant à Paris sur les pentes du chrono de la Planche des Belles Filles. "L'année dernière, nous avons dominé cette épreuve sans la remporter" , confessait jeudi matin Grischa Niermann, l'un des directeurs sportifs de l'équipe batave. "Et dans le sport de haut niveau, tout le monde sait ce qui est le plus important…"

Dans son processus d'un apprentissage qu'il veut supersonique, le staff néerlandais a donc totalement chamboulé son approche de la grand-messe de l'année cycliste puisque celui qui y incarnera sa carte maîtresse ne s'est plus aligné en compétition depuis Liège-Bastogne-Liège, il y a précisément deux mois ce vendredi. Treizième de la Doyenne, Roglic a préféré l'ombre à la lumière dans une préparation gonflée aux globules rouges.

D'excellentes sensations

Après un premier stage en altitude de deux semaines en Sierra Nevada, en mai, celui qui reste le numéro un du ranking UCI a mis le cap sur Tignes, en famille (avec sa femme, Lora, et leur fils, Lev), pour un mois, d'où il a reconnu les étapes alpestres après être allé repérer les pentes du Ventoux en mai. Une station où le Slovène a ses habitudes et de laquelle il n'est redescendu que mercredi pour mettre le cap sur la Bretagne.

"J'ai confiance en la philosophie de notre approche , confiait jeudi le leader des Jumbo-Visma. Mes sensations à l'entraînement sont excellentes, mais cela n'apporte cependant jamais les mêmes indices que la compétition, où on se confronte directement à ses rivaux. La saison dernière, j'avais assez peu couru entre la fin du Tour de France et le début de la Vuelta (NdlR : 6e du Mondial d'Imola avant de s'imposer sur Liège-Bastogne-Liège) et cela m'avait plutôt réussi puisque j'avais remporté mon second Tour d'Espagne de rang. Nous verrons donc ce que la vérité des trois prochaines semaines nous apprendra…"

S'il a dégoupillé jeudi une canette d'Heineken au terme de sa conférence de presse dans une parodie hilarante du "Cocagate" provoqué par Cristiano Ronaldo, le Slovène sait toutefois que c'est en fin de troisième semaine qu'il faudra être pétillant…

Quentin Finné

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