En bref
- Publié le 08-06-2021 à 11h34
- Mis à jour le 08-06-2021 à 11h32

Le printemps de Lazare Récit autobiographique De Julien Burgonde, Jacques Flament, 220 pp. Prix 16 €
Auteur de Icare et la flûte enchantée et La nostalgie du fossoyeur, parus chez Actes Sud, Julien Burgonde est le pseudonyme du cancérologue et chercheur français Jean-Claude Horiot. Dans Le printemps de Lazare, il rapporte scrupuleusement l'expérience bouleversante qui fut sienne en 2006 quand il apprit être atteint d'un cancer avancé de la prostate. Pourquoi, jusqu'alors, négligea-t-il de se soumettre à l'examen qui l'aurait averti de son mal ? Par crainte ? "Plutôt l'insouciance, l'irresponsable conviction d'être épargné par ce qui arrivait à tant d'autres que je soignais depuis des décennies". Un récit écrit à chaud, qui relate les étapes d'une thérapie ; mais livre réconfortant parce que ce médecin, âgé maintenant de 80 ans, put émerger de cette épreuve. Il souhaite qu'en son ouvrage l'on voie "un message d'espoir car les tourments de l'âme et du corps peuvent cesser ou se suspendre avec un peu de foi et d'amour". Et c'est d'amour que rayonne le texte - en fin de ce poignant Printemps - dû à Françoise Lefèvre, compagne de vie de l'auteur. Fr.M.
Devant l'immense Poésie De Rebecca Elson, traduit de l'anglais par Sika Fakambi, L'arbre de Diane, 152 pp. Prix 15 €
Pour Rebecca Elson, tout s'est joué dans l'enfance, la curiosité et la pratique poétique ayant pris leur élan lors d'expéditions estivales aux côtés de son père, géologue. Mais c'est l'infini lointain qui a finalement retenu son attention, pour l'emmener vers un parcours universitaire brillant. Disparue prématurément en 1999 à l'âge de 39 ans, cette astronome formée aux États-Unis et à Cambridge a laissé une œuvre poétique d'une grande délicatesse. Mêlant poésie et réflexion, Devant l'immense (A responsability to Awe) nous en dit beaucoup sur sa personnalité, son imagination vagabonde, ses émerveillements. Elle nous y parle avec beaucoup de grâce de son quotidien, de sa vénération pour l'univers, de ses émotions, de ses peurs, de sa solitude, tissant des liens précieux entre ce qui est quantifiable et explicable et ce qui ne le sera jamais. G.S.
Ce qui est arrivé à Wounded Knee Essai De Laurent Olivier, Flammarion, 526 pp. Prix 23,90 €
Après s'être focalisé sur la colonisation des Celtes et des Gaulois, l'historien-archéologue Laurent Olivier, conservateur du Musée national de St-Germain-en-Laye, a enquêté sur le dernier massacre des Indiens d'Amérique, le 29 décembre 1890. L'extermination des chefs Sitting Bull et Big Foot et de leurs tribus à Wounded Knee (Dakota du sud) est une des pages les plus noires de l'Histoire américaine. La froide élimination de 300 personnes, dont des femmes et des enfants tués à bout portant, fut une bavure. Les soldats américains expliquèrent avoir réagi à un guet-apens d'Indiens fanatisés. On avalisa cette hypothèse mais Laurent Olivier a confronté les approches. Et a conclu qu'il manquait deux heures dans la justification des militaires. Le temps d'achever les blessés pour ne pas s'encombrer de prisonniers… Puis, ils ont pillé les corps en quête de parures de plumes et de scalps. C.Le
