Le test pour s'inscrire en "vété" disparaît

Un concours reste par contre organisé en fin de 1re année d'études en sciences vétérinaires.

GLATIGNY VALERIE
©Reporters / QUINET

Le projet de décret qui modifie le texte organisant aujourd'hui les études de sciences vétérinaires a été adopté, ce mardi, en commission de l'Enseignement supérieur du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il introduit une série de changements pour les étudiants qui s'engageront dans cette filière à partir de l'année académique 2021-2022.

L'évaluation du dispositif

Ces modifications interviennent dans la foulée de l'évaluation dont le dispositif en place depuis 2017 a fait l'objet, par le Comité de pilotage constitué à l'Ares (l'Académie de recherche et d'enseignement supérieur). Au centre de ce travail : le Toss (le Test d'orientation du secteur de la santé), obligatoire pour s'inscrire en première année mais non contraignant, et le concours organisé en fin de première année pour limiter le nombre d'étudiants.

L'inefficacité du Toss

Concernant le Toss, le rapport de l'Ares fait clairement état de son inefficacité. Il sera donc supprimé pour les prochains inscrits. Ce test avait été mis sur pied comme une expérience d'apprentissage d'aide à l'orientation et, partant, à la réussite. Mais on voit que tel ne fut pas le cas sur le terrain.

Les étudiants se sont très vite désinvestis, considérant plutôt cette contrainte sans conséquence sur leur choix d'études comme une formalité administrative. Au total, la moitié des étudiants ont réussi moins de deux matières sur les six proposées, sans effet sur leur inscription.

La disparition de ce test pose la question de la pertinence globale d'un tel outil pour soutenir les étudiants qui commencent l'enseignement supérieur. Conformément à la Déclaration de politique communautaire, le gouvernement réfléchit en effet à organiser une évaluation d'orientation, formative et non contraignante, pour chaque étudiant qui désire s'inscrire dans l'enseignement supérieur, mais sur une base volontaire. Est-ce une initiative vouée à l'échec?

Cela n'a rien à voir avec le Toss, nous indique-t-on au cabinet Glatigny. Le côté non obligatoire de ce futur test fait toute la différence. On peut supposer qu'un étudiant n'effectuera pas la démarche pour rien.

Contrairement au Toss, le concours de fin de première, en revanche, est confirmé.

Pour la qualité et la sécurité de la formation

Rappelons que les étudiants s'y classent en fonction de leurs résultats et seuls les meilleurs accèdent à la suite de leur cycle d'études, un certain nombre d'attestations d'accès étant délivré à chaque université. "Ce filtre n'est pas la solution idéale, mais c'est la plus adaptée à la situation", souligne la ministre Valérie Glatigny (MR). L'objectif est de limiter à 250 le nombre d'étudiants par année de master afin de maintenir la qualité et la sécurité de la formation. Celle-ci nécessite un certain nombre d'examens cliniques à réaliser sur des animaux malades. Il en faut en suffisance. De tels actes supposent que les étudiants soient proches des animaux. Ce qui, avec les plus grands, peut aussi représenter un risque si les étudiants se massent en trop grand nombre autour d'un même animal.

Récupérer l'accréditation

Autre raison de limiter le nombre d'étudiants : récupérer l'accréditation européenne perdue par l'ULiège (la seule à proposer le master) avec, parmi les conséquences pour les étudiants, la limitation de leur mobilité internationale et l'impossibilité de devenir spécialistes. Pour l'Association européenne des établissements d'enseignement vétérinaire (AEEEV) qui fixe les normes d'enseignement et évalue la qualité et le niveau des établissements membres, l'ULiège n'est plus conforme. Le maintien d'un filtre se justifie donc, lit-on dans le projet de décret, pour tendre au respect des taux d'encadrement et de cas cliniques par étudiant.

Le texte prévoit enfin de réévaluer l'utilité de ce concours, au plus tard, au cours de l'année académique 2025-2026 au regard de la pénurie (ou pas) de professionnels sur le terrain. Aujourd'hui, la Fédération Wallonie-Bruxelles diplôme un vétérinaire pour 14 000 habitants. C'est beaucoup : c'est 1 pour 105 000 en France, 1 pour 79 000 en Allemagne et 1 pour 77 000 aux Pays-Bas. On remarque d'ailleurs que la plupart des pays organisent le contingentement de cette filière. "Si, dans certaines zones rurales, on manque de bras, ce n'est pas parce qu'il y a trop peu de diplômés, mais à cause des jeunes qui quittent le métier, explique encore la ministre Glatigny. Sur 120 nouveaux sur le marché de l'emploi, 40 changent de voie dans les 5 ans." La revalorisation de la profession constitue dès lors un autre débat prioritaire.Monique Baus

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...